Avertissement
C'est
la 6 ème page technique et analytique qui fait suite à la politique
Nationale de la migration , politique vue et vécue par les paysans
usagers eux même
. Et le point de vue risque d'être parcellaire et incomplet . Merci de la compréhension
.
Introduction
Deux régions de migration sont abordés ici comme exemple : Le Bongolava et le Vakinankaratra. . En théorie , La migration (
Fifindran-monina)
est une des clés de développement car , les paysans sans terre
pourront produire , et les gens de la ville auront une chance pour le
faire aussi , sinon les intellectuels chômeurs ou courageux pourront
refaire une autre vie en brousse . Un avenir radieux si c'est exposé
ainsi .
Mais les réalités sont autres . Cette page est la suite d'une
ancienne page sur la question . le chercheur Radison était déjà
intervenu ici et son avis d'agronome chercheur est reproduit ci bas ,
dans " Migration n°5 ". Merci Radison .
Commentaires
: Village de migrants installés ici depuis 50 ans . Commune Soanierana ,
région du Bongolava , Tsiroanimandidy . Cette charrette va aller dans
un bas fond pour récolter du manioc. La commune , sous peuplée , a 1 120
âmes , avec une moyenne de 10 habitants au km2 .
Politique de Migration
Une
des approche de développement consistait , par exemple , à"déplacer" la
population en difficulté de la ville vers les vastes terres non-
cultivées dans les zones consacrées ( ZAF ou zone d'aménagement Foncier
ou bien les Ex- ZMA ( zone de migration Agricole ) .
Les faits sont
là : la migration subventionnée par l'État et les organismes
Internationales ou par des sociétés à vocation commerciale n 'ont pas
encore donné des résultats escomptés . Les raisons évoquées durant les
classiques évaluations sont nombreuses et compliquées aussi :
1 ) Les
migrants originaires de la Ville et/ou enfants de non- paysans sont
inaptes à travailler et à vivre en brousse . Dit -on .
2 ) Des facteurs exogènes ( ou extérieurs ) perturbent les projets : Insécurité causée par les
Dahalo
ou brigands , enclavement du site , inaccessibilité des paysans aux
services minimum comme la santé , l'école pour les enfants...
3 )
Erreur de conception de départ : ce sont les experts plus ou moins
déconnectés du terrain réel qui " imaginent " des solutions à la place
des paysans ou sans l'avis des paysans eux même .
4 ) Enfin , le fameux dysfonctionnement des services compétents pour ne pas dire la mauvaise coordination État/Usagers

et Public/privé ou , en clair , les crises cycliques ici (
kirizy mirerimberin-dava ity foana )
. Un des impacts de toutes ces crises répétitives c'est surtout l '
impossibilité d'avoir une vision d'avenir paysanne solide et stable ,
et une bonne " politique" de développement qui soit indépendant et libre
de toute litige entre les gens du/hors pouvoir . Cette politique tient
le Développement par la gorge ? .
Ce point de vue est brut , carré
même . mais le débat est toujours ouvert pour un développement paysan .
Ce Blog est fait pour recevoir les avis .
Commentaires
: Villages de migrants d'Ampamohizankova . Région Tsiroanimandidy . Ce
coin est réputé pour son or . Nous sommes en zone rouge ou hostile .
Brève étude de cas
Région du Vakinankaratra
Commune de
Beakanga ( lieu où foisonnent les pintades ) . District de
Mandoto ( lieu poussiéreux qui salit
) . Zone de migration qui était à la fois ( oui c'est de l'imparfait ) un des sites pour l'application de la
Révolution Verte ( 2005 - 2010 ) ou l'agro- business pour le développement rural .
Récit :
" Le paysan , avec son chapeau de paille doré fabriqué en paille de blé
( varim-bazaha ) et son
Lamba
ou toge flambant neuf était ici en ville venu pour négocier quelque
chose . Il frappa d'abord la porte d'une ONG collègue pour prendre des
renseignement sur les poissons
( m
anao dobo trondro
) .Et puis juste après il avait voulu parlé avec des personnes qui
connaissaient le Droit Foncier . Et de bouche à oreille , son histoire
me fut parvenue : " J 'avais acheté des terres , raconta -t-il , il y
avait 6 ans (2004) à un autre paysan qui avait mise en valeur ses même
terrains depuis 18 ans . mais depuis un certain temps , les feux de
brousse ravageaient ma récolte systématiquement . Les autorités
communales me conseillent de ne pas réagir car elles soupçonnent que ce
sont les bouviers nomades
Bara qui incendient le
s tanety
pour me dissuader de m'y implanter ..." . Derrière l'histoire de ce
paysan anonyme peut se résumer toute la problématique tragique de la
migration ( inconstance des projets , réaction de la population locale
contre les nouveaux résidents , absence chronique de l'État...)
Commentaires
Photo : La case de migrant pauvre est devant la maison d'un autre
migrant riche . Le nanti a construit en béton et possède une charrette
qui est accolée au mur là bas . La maison du pauvre , en toit de chaume
gris , comporte un bric à brac accroché sur ces murs . ce sont des
tôles galvanisées qui servent à récupérer l'eau des pluies et nous
pouvons en voir un récupérateur au dessus de la porte d'entrée , un
autre , en angle incliné , sur le mur .
Écriture et devise sur une charrette
Commentaires : écriture sur la charrette du migrant " Izay mangina volamena " ( Le silence est d'or ) . La peur , la loi du silence , ou l'ormeta règnent en ces lieux éloignés des lois et de Dieu ( tany tsy misy Andriamanitra ) .
Le fond du problème :
Cette zone sus citée ,
le Vakinankaratra
, est l'enjeu des intérêts contradictoires ( convoitises ? ) entre les
prospecteurs miniers , les spéculations de l'agro-business et , enfin
les petits paysans sans terres eux même . mais un autre acteur
historique avait resurgi sur place : les clans des bouviers Nomades
Bara , maîtres historiques de ces espaces . Les
Bara
désirent simplement leur Droit de pâturages et un accès à l'eau des
fleuves ou sources pour abreuver leurs milliers de troupeaux de zébus .
Les plantations les gênent .
La grande question :
Jusqu'ici
, aucune politique n'avait pas encore été assez efficace pour
harmoniser un environnement propice pour gérer simultanément l'action du
migrant sédentaire et celle bouvier nomade . Les troupeaux des
Bara ,
par exemple , mangent systématiquement les plantations du paysan . Le
bouvier se retrouve en prison pour cause de " divagation d'animaux" .
L'engrenage et l'escalade se déclenchent alors car les clans des nomades
réagissent contre etc...
Commentaires : Dessin populaire sur un manège abandonné " Le semis chez nous est fait par l'Homme et la femme " ( Manetsa daholo na ny lahy na ny vavy aty aminay ) . Curieux dessin en effet car rares sont les endroits où l'homme accomplit le travail de la femme .
Résumé
Le cas du paysan - migrant reflète le dilemme sur la manque d'une réelle politique agricole à entreprendre à Madagascar:
1
) Nos paysans sont -ils capables de se subvenir eux même , sont-ils
utiles ? ( sans provocation car cette idée émane systématiquement de
certains cercles de décideurs depuis 1960 )
2 ) Le projet de
révolution verte
initié là bas fut en suspension ou abandon car les bailleurs avaient
plié bagages . le contrat MCA , pourvoyeur de fonds , avait expiré en
2009 . Et la tentation de "squatter" ces plantations en friche ou de les
brûler aussi sont des risques réels .
Mais est - ce opportun et
intelligent de livrer ces terres aux investisseurs étrangers désireux
avant tout d'exporter leurs récoltes ? Argument négativiste et classique
: " le paysan ne fait rien etc..."
3 ) Et les prospections sauvages
ou non de mines qui continuent dans le coin depuis l'annonce de la mise
en place d'un comptoir de l'or en 2006 de ce côté de
Beakanga et
Anjoma - Ramartina?
4 ) etc...
MIGRATION PAYSANNE N ° 5 ( Reprise )
La Letttre de Radison , agronome et chercheur . Etats Unis . ( suite )
Les
Recherches de Monsieur Radison m'ont orientées vers Madame Elinor
OSTROM , politologue Américaine , première femme à recevoir le prix
Nobel d'économie en 2009 .

Les travaux et les analyses de la bonne gouvernance et , en particulier des biens communs
(commons)
d 'Elinor OSTROM méritent en effet un important détours sur la
question petite paysannerie évidemment et petites exploitations
agricoles .
Je vous avoue Monsieur Radison , que je n'avais pas du
tout fait un rapport entre le paysan Malgache et le petit agriculteur de
Minneapolis en Amérique. Excellent d'avoir"Mondialiser" la question
paysanne . Merci .
Commentaires : Tableau
sur pousse pousse . " un romantique pensa , à la vue de ce dessin , que
c'est une balade d'amoureux en brousse . Un poète solitaire imagina lui
une magnifique définition de l'amour car " un grand amour est parfois un désert à deux
comme ces cyclistes perdus en brousse...Mais un ami paysan ,
soupçonneux , interpréta ce dessin comme des riches et oisifs Vazaha qui
prospectent à Madagascar des terrain à acheter ! "
" Tragédie " des Biens communs
Madame Elinor OSTROM écrivait , entre autres :
"
Par exemple, des villageois qui se partagent un champ de pâture sont
incités à le surexploiter : chacun a intérêt à y faire paître le plus
grand nombre possible de ses vaches, puisque le champ ne lui appartient
pas, et que le coût lié à son usure est partagé avec tous les autres
éleveurs.
Pour la plupart
des économistes, la solution à cette « tragédie »(1)passe soit par la
création de droits individuels de propriété, qui font que le coût est payé par celui qui tire profit du bien, soit par la gestion des biens communs par la puissance publique.
Cette
tragédie des communs se pose, en particulier, dans la gestion des
ressources environnementales, qui n'ont souvent pas de propriété
individuelle établie..."
1) Mot utilisé par La Prix Nobel
Pour plus d'informations voir SVP :
http://fr.wikip edia.org/wiki/Elinor_Ostrom

le site de migration de Morarano
(photo extraite du film MAHALEO)
Question paysanne et CriseEt
la vie en brousse continue , malgré tout et ce "tout" s'applique au
litige politique persistant , aux polémiques autours , au débat
passionnel ou passionné dans les médias etc ...
La population active
en brousse est estimée à plus de 3 000 000 de personnes en terme de main
d'œuvre actif ou de paysans prêts à travailler si on veut .
La majorité des petits paysans exploitent des espaces comme ce paysage ci-dessus
. (Voir : les Migrants n° 4 sur l'historique du conflit foncier dans ces lieux) .
Face
à la crise au sommet qui sévit toujours à Madagascar , et au vu de la
difficulté des paysans à comprendre si oui ou non , il y a toujours un
responsable étatique en ville ou de savoir à qui il faut s'adresser en
cas de services urgentes ( demande des renseignement sur les subventions
aux communes ) , la perplexité saisit l'esprit de modestes personnes en
brousse .
Un partenaire paysan m'avait une fois demandé :
"Avec la crise du pouvoir actuel en Ville (
fanjakana miady an'trano io ) , est ce que je peux encore travailler la Terre même sans Ministère de l'agriculture ? "
Je
lui répondis : " Oui . Travaille vos terres . Ils vont toujours
s'arranger entre eux en ville, mais toi par contre, tu n'auras pas de
récolte si tu ne fais rien " .
Journée Mondiale des femmes Rurales
En
attendant ainsi les suites des travaux de notre chercheur Radison ,
l'évènement titré sus -citée avait été célébré à Marovoay ( là où
pullulent les caïmans ) .Un des greniers à riz de Madagascar avec ses
quelques 20 000 Ha de rizières irriguées.
Le vendredi dernier , 23/10/09 . Il y eu une mise sur le marché des semences favorables au climat chaud et sec de
Boeny
( la variété TAHIA ...) L'île possède , entres autres , plus d'une
centaine de variétés locales ou exotiques diront les Américains . Il y
eu aussi question de la variété Ali-Combo , qui fut ( ?) une des
premières qualité de riz pour l'exportation dans le monde. .
Ali-Combo
était un chercheur Agronome arabo-Malgache qui avait mise au point
l'espèce variétal du riz à long grain Ali -Combo , son éponyme .
La
fête du village fut encore au rendez vous à Marovoay .Et bonne fête à
toutes nos femmes rurales à Madagascar et dans le monde .
Marovoay est aussi par ailleurs , une des région qui attire tous les Migrants de Madagascar à la recherche de bonnes Terres .
Bon vendredi
bekoto
PS : Suite du chapitre / Les Migrants et paysans soldats d'Anosiarivo-Manapa N°4 ( Fin )

Commentaires
: Dans le village de Soanierana , dans le Bongolava , un veau ce matin
là était né . Il est là le petit veau au pelage noir et encore maladroit
sur ses pattes graciles , tremblotantes . En prenant cette photo , les
paysans , apeurés et inquiets , me prévinrent de rester sur mes garde
car la vache est farouche ( tandremo fa masiaka be ny renin'omby an ! ) .