La commune rurale de Manapa, dont une monographie succincte fut déjà réalisée dans ce blog, est notre propos du jour.
ANNEE 2007
Monsieur Rabary Paul , Maire de la Commune rurale d'Anosiarivo Manapa me téléphona un jour pour que nous puissions avoir une rencontre d'urgence en raison d'une inquiétante visite d'étrangers dans sa commune (olona hafahafa tonga tany an'tànana). Notre rendez vous classique se passait toujours dans l'arrière boutique d'une bicoque en bois qui est à la fois un bar et une épicerie. Et, parfois, nos conciliabules se faisaient à haute voix, car il fallait crier et hurler pour se faire entendre par dessus les marchandages des paysans sur un veau et à travers les disputes d'un tel contre un autre à propos d'une mauvaise affaire de sac d'oignons pourris que l'autre lui aurait vendu le samedi dernier... le bar se dénomme " Myosotis " , mais sans le parfum de la fleur bien sûr.
Chaque Samedi, plus de 100 000 paysans montent en ville et à pied et en charretes ou en taxi Brousse pour le ravitaillement de leur village et pour la vente de leurs produits . Faire le grand marché d 'Asabotsy .
Je redoutais bien cette rencontre car j 'appréhendais ( encore ) par avance une nouvelle attaque des Malaso, ces mauvais , contre les charretiers de Manapa . Les Malaso commencèrent en effet à s'en prendre désormais aux Charretes pour leurs voler les sacs de riz et les zébus à la fois ; comme ce fut le cas précédent qui s'était déroulé dans la commune d'Ampefy, cette région des lacs sacrés située à l'ouest des Massifs de l'Ankaratra .
" Voilà les nouvelles" , commença Monsieur le Maire à si haute voix (et bien... bonjour le secret) que tous les clients et buveurs du bar-bicoque se retournèrent vers nous deux , curieux et intéressés .
" Des gens de la ville étaient venus en voiture 4/4 au village et , comme tu le sais , les grandes personnes sont encore aux champs et que seuls les enfants gardent le troupeau de zébus et les cochons dans la vallée d ' Anosiarivo... Les petits enfants, apeurés par la voiture , s'étaient dissimulés dans les hautes herbes , le plus grand , lui , avait couru à perdre haleine jusqu ' au village (niakatra tany an'tànana ny lehibe) pour alerter la commune... l 'adjoint est redescendu tout de suite avec le petit (kilonga lahy) pour accueillir les gens du 4/4..... Mais ceux-ci déballèrent déjà des appareils de mesure et firent, avec des instruments bizarres la mesure de la vallée... L'adjoint , forcement intimidé par cette invasion de la ville demanda quand même :
" Bonjour messieurs... Qu'est ce que vous faîtes là s'il vous plaît ? "
Un des Monsieur du 4/4 lui répondit : "Nous sommes ici pour vous apporter le Développement... nous sommes des ingénieurs et ce sont les autorités qui nous envoient par ici "
" Mais ..." reprit l'adjoint , ne devriez vous pas d 'abord vous présenter devant notre Maire et lui expliquer votre Développement là ? Car la commune aussi possède déjà son plan de Développement vous savez ."
Excédé, le gars de la ville lui répliqua : " De toutes les façons , l'État va s'occuper désormais de cette vallée . Adressez vous , si vous voulez , au Chef de Région ou au Président de la République lui même mais laissez nous travailler " Et d'ignorer les bougres d' interlocuteurs
" Et alors ? " demandais-je, de plus en plus intéressé mais un peu agacé par l'histoire à cause du ton de la personne du 4/4 .
"Alors l 'adjoint m'a téléphoné ..." reprit de plus belle Le Maire... et j'avais su d 'après un contact en ville que l'État Malgache va réquisitionner notre Vallée pour en faire une usine ou je ne sais quoi..." soupira le Maire pour conclure .
J'ai su , moi même aussi , de mon côté que c'était toujours cette histoire d'Agro-business... faire dans la vallée de Manapa une monoculture de Jathropha (ce bio carburant) ? ou une usine d'engrais car le sous sol de la commune recèle des potasses ? Dieu seul le sait .
La bataille de la Vallée commença bel et bien dans ces conditions que je vous avais exposées . Le redoutable processus d'auto-défense Villageoise se déclencha . Implacable . Le Fokonolona se réunit en conseil de " guerre " Le DINA de Manapa a été décrété ... une lettre d'interpellation fut envoyée à toutes les autorités , y compris au Président de La République lui même , lettre de sommation sans appel . Un chef d'œuvre du parler vrai et franc entre nous .
" Nous Fokonolona de Manapa refuserons tout forme de Développement dicté d'en haut et sans concertation aucune avec le peuple qui est ici depuis 40 ans... Nous ne quitterons jamais notre vallée... Même si morts d'hommes il y aura.. .et quitte à verser le sang au besoin ... Ceci est un avertissement . Respectez nous s'il vous plaît (1)" (Mba mifanaja ré Tompoko ô)
C'était ainsi une des mille mauvaise façon des représentants du pouvoir à l'époque pour rentabiliser , paraît il , les Dollars des Bailleurs ...
La suite ? les messieurs de la ville se rétractèrent très très vite (mifitsaka ry lay Retsy) ....mais tel un chat sauvage prêt à rebondir de nouveau sur nos petits poussins (toy ny kary mijoko zanak'akoho kelinay) ..La vigilance s'impose .
Par ailleurs , et jusqu'à ce jour, c'est encore un Statu quo obstruant totalement la vision d'avenir de cette vallée de 1 000 ha d'Anosiarivo Manapa .
Maintenant , par la force des choses et au vu du charivari de l'histoire immédiate de Madagascar, le Millénium Challenge Corporation , un des fonds principal utilisé pour la réforme Foncière , a arrêté son programme en ses termes :
" Parmi les résultats spécifiques des programmes de MCA - Madagascar, on peut citer
a) la restauration de 149 000 documents de titres fonciers en état de dégradation .
b) la construction de 29 bureaux pour délivrer des titres fonciers .
c) la mise en place d'un réseau de plus de 350 dirigeants agriculteurs .
L'esprit de la lettre sur la reforme Foncière , étant entre autres , "de Passer de l'agriculture de subsistance vers l' agriculture de Marché " .
d) l'assistance à quelques 34 450 agriculteurs etc...
La MCC regrette cet arrêt du programme.
Tant mieux , leur répondront sûrement mes chers paysans partenaires de Manapa , s' ils sauront , un beau jour répondre en langues étrangères .
Bonne journée
Bekoto
1) Les archives communales de Manapa détiennent des documents de valeur comme cette la lettre d'interpellation sur cette bataille de la vallée . Avis aux chercheurs sur le Droit Foncier.
PS : J'ai reçu une lettre aujourd'hui , par mail , d'une Malgache. Merci pour votre intérêt et votre émotion aussi... Mais ça va bien Madame. En ce moment à Madagascar, c'est la fête de la récolte et les fêtes traditionnelles comme le Famadinhan' drazana qui occupent nos paysans ..
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jeudi 4 juin 2009
mardi 2 juin 2009
FONCIER 6 : 13 Mai des Paysans
Commune Rurale de Vasiana
Vasiana (Étoile) est une immense zone destinée au départ à être une Zone d'aménagement Foncier ( ZAF). C'est à dire un lieu, d'après notre ancienne politique Agricole d'avant les années 2000, destiné à être repeuplé par la migration Paysanne. Et s'y côtoyent, plus ou moins pacifiquement, et les paysans sédentaires et les Bouviers nomades dont des grands chefs de clan Bara ou Antandroy possèdent des milliers de zébus.
A Vasiana, un grand chef détient à lui tout seul 7000 têtes de bêtes. Nous irons là-bas, un jour, si vous voulez bien.
La question était de comprendre pourquoi des paysans et paysannes de là bas avaient fait aussi et enfin, leur 13 Mai ? Et bien sûr, à la grande consternation des grévistes de la ville et des observateurs politiques. Qu'est ce qu'on leur avait fait subir à nos paysans d'habitude si silencieux et tellement fatalistes ? (izany ro anjara raolona, c'est notre destin brave gens) ? Pourquoi le ciel et le terre devinrent subitement tumultueux (nikorontana tampoka ré ny tanin'aman'danitra) ?
Il est à Beakanga (là où pullulent des pintades), une grande vallée fluviale de quelques milliers d'hectares. Cette vallée ou lohasaha était la zone de pâturages traditionnels de bouviers. Les migrants eux même (mpifindra monina), avant leur implantation dans le site, doivent faire des négociations avec les premiers occupants Bara ou Antandroy (manao fomba fomba). La co-existence entre les migrants sédentaires et Nomades n'était pas toujours facile quand, par exemple, les milliers de zébus déferlent dans les vallées et broutent tout en saccageant les cultures de manioc et maïs des paysans (manao tondrak'omby ny Bara lahy).
Les litiges et les frictions sont légion, bref, c'est la politique de la ZAF en violente contradiction avec celle de la ZIA. Et des cas de conflits sont devenus par la suite des cas de jurisprudence. Dans les jugements et verdicts apportés, ce sont toujours les nomades et leurs bêtes qui étaient criminalisés pour cause de "divagation de zébus et destructions de cultures".
Notre Comité des Paysans suit de près ces chocs de cultures et de coutumes... vieux conflit de l'Humanité, le sédentarisme et le nomadisme... la conquête belliqueuse de l'espace de vie entre le bouvier contre le cultivateur.
Puis, avec la nouvelle politique agricole de 2005 (date-clé du grand chambardement actuel), la vallée suscitée avait été privatisée, plus exactement, elle était devenue l'objet d'un Projet d'exploitation par des privés et des opérateurs agricoles occupèrent les espaces pour faire de l'agro bizness (cultures intensives de riz etc..)... Un développement rapide selon le jargon en fonction.
Les paysans m'avaient déja signalé à l'époque la présence d'indiens (c'était en fait des turcs qui revendaient des tracteurs de marque Renault aux opérateurs Malgaches).
Le nœud de cette grande et délicate affaire était que cette vallée des pintades était auparavant destinée aux Migrants sans terre et aux pâturages des zébus ( Projet de Zone d'aménagement Foncière ou ZAF). Mais le projet de Zone Industrielle Agricole ou ZIA a été parachuté de la ville et expulsa ainsi toutes les populations sus citées en mettant fin, sans préavis, à leur implantation et à leur projet d'avenir.
Bref, c'était la ZAF en contradiction flagrante avec la ZIA... Gueguerre de sigles qui masque, d'une façon absurde et maladroite une politique agricole exclusive, agressive, et improductive en plus.
la ZIA a été ainsi (est ?) perçue par nos petits paysans et nos simples bouviers comme une véritable menace contre leur mode de vie. une mise à mort de leur si fragile civilisation.
Les opérateurs agricoles déjà eurent, au premier abord, de ces comportements équivoques en voyant les rustiques villages et les bouviers sérieusement affolés par ce branle bas technique (autorités en tenue safari, 4/4 rutilants, camions chargés d'engrais et de carburants, tracteurs turcs transportés sur des plateaux de camion etc...).
Pour le programme du ZIA par exemple, une production de 5 Tonnes de riz/ha avait été prévue sur leur papier/Projet. Mais il n'y eu que 4oo Kg /Ha malgré leurs gros moyens mis en jeu... les potins villageois racontaient que nos opérateurs emmenaient même avec eux leur eau en bouteille ( na ny rano sotrony anie dia ireny rano anaty tavohangy ireny é ! )
La raison ce cette incompétence technique et de cette sous-production devenue l'objet de risée des villageois ? ben.. ce ne sont pas de véritables paysans mais de simples opérateurs agricoles. C'est tout. Les paysans sur place, hilares, commencèrent alors, avec les bouviers, à rire sous cape des maladresses de ces drôles citadins tout en se moquant de la ridicule débauche de gros moyens de productions . " Ils ne savaient même pas que la saison des semis était finie.... c'est incroyable ! " ( loza izany marina )
Enfin, les évènements de Janvier 2009 avaient été l'occasion inespérée, historique même pour eux, de monter dans la Capitale, et d'exiger publiquement, durant les grèves que " l'Etat Malgache leur restitue et redonne aux migrants et aux bouviers la vallée de Beakanga, cette vallée des Pintades destinée au départ pour le pâturage des zébus et pour la culture de leur riz, de leur manioc et de leur voanjo bory ou pois de bambara ...
Havereno aminay ré Tompoko ny lohasahanay azafady, s'il vous plaît, rendez nous, Messieurs au pouvoir, notre vallée des pintades."
C'est la raison de présence des paysans à la grève sur la place du 13 Mai .
Ils étaient une dizaine là-bas sur la place des révoltés... mais ils réprésenteront dorénavant , devant l'Histoire convulsive de l'instant et pour le futur trés proche , la voix de plus de 8 000 000 petits paysans, cultivateurs , bouviers, pêcheurs etc... que les politiques semblent ignorer.
La terre a enfin crié sa révolte. Enfin .
Bonne journée
Prochain chapitre : La contestation des paysans de Manapa.
Vasiana (Étoile) est une immense zone destinée au départ à être une Zone d'aménagement Foncier ( ZAF). C'est à dire un lieu, d'après notre ancienne politique Agricole d'avant les années 2000, destiné à être repeuplé par la migration Paysanne. Et s'y côtoyent, plus ou moins pacifiquement, et les paysans sédentaires et les Bouviers nomades dont des grands chefs de clan Bara ou Antandroy possèdent des milliers de zébus.
A Vasiana, un grand chef détient à lui tout seul 7000 têtes de bêtes. Nous irons là-bas, un jour, si vous voulez bien.
La question était de comprendre pourquoi des paysans et paysannes de là bas avaient fait aussi et enfin, leur 13 Mai ? Et bien sûr, à la grande consternation des grévistes de la ville et des observateurs politiques. Qu'est ce qu'on leur avait fait subir à nos paysans d'habitude si silencieux et tellement fatalistes ? (izany ro anjara raolona, c'est notre destin brave gens) ? Pourquoi le ciel et le terre devinrent subitement tumultueux (nikorontana tampoka ré ny tanin'aman'danitra) ?
Il est à Beakanga (là où pullulent des pintades), une grande vallée fluviale de quelques milliers d'hectares. Cette vallée ou lohasaha était la zone de pâturages traditionnels de bouviers. Les migrants eux même (mpifindra monina), avant leur implantation dans le site, doivent faire des négociations avec les premiers occupants Bara ou Antandroy (manao fomba fomba). La co-existence entre les migrants sédentaires et Nomades n'était pas toujours facile quand, par exemple, les milliers de zébus déferlent dans les vallées et broutent tout en saccageant les cultures de manioc et maïs des paysans (manao tondrak'omby ny Bara lahy).
Les litiges et les frictions sont légion, bref, c'est la politique de la ZAF en violente contradiction avec celle de la ZIA. Et des cas de conflits sont devenus par la suite des cas de jurisprudence. Dans les jugements et verdicts apportés, ce sont toujours les nomades et leurs bêtes qui étaient criminalisés pour cause de "divagation de zébus et destructions de cultures".
Notre Comité des Paysans suit de près ces chocs de cultures et de coutumes... vieux conflit de l'Humanité, le sédentarisme et le nomadisme... la conquête belliqueuse de l'espace de vie entre le bouvier contre le cultivateur.
Puis, avec la nouvelle politique agricole de 2005 (date-clé du grand chambardement actuel), la vallée suscitée avait été privatisée, plus exactement, elle était devenue l'objet d'un Projet d'exploitation par des privés et des opérateurs agricoles occupèrent les espaces pour faire de l'agro bizness (cultures intensives de riz etc..)... Un développement rapide selon le jargon en fonction.
Les paysans m'avaient déja signalé à l'époque la présence d'indiens (c'était en fait des turcs qui revendaient des tracteurs de marque Renault aux opérateurs Malgaches).
Le nœud de cette grande et délicate affaire était que cette vallée des pintades était auparavant destinée aux Migrants sans terre et aux pâturages des zébus ( Projet de Zone d'aménagement Foncière ou ZAF). Mais le projet de Zone Industrielle Agricole ou ZIA a été parachuté de la ville et expulsa ainsi toutes les populations sus citées en mettant fin, sans préavis, à leur implantation et à leur projet d'avenir.
Bref, c'était la ZAF en contradiction flagrante avec la ZIA... Gueguerre de sigles qui masque, d'une façon absurde et maladroite une politique agricole exclusive, agressive, et improductive en plus.
la ZIA a été ainsi (est ?) perçue par nos petits paysans et nos simples bouviers comme une véritable menace contre leur mode de vie. une mise à mort de leur si fragile civilisation.
Les opérateurs agricoles déjà eurent, au premier abord, de ces comportements équivoques en voyant les rustiques villages et les bouviers sérieusement affolés par ce branle bas technique (autorités en tenue safari, 4/4 rutilants, camions chargés d'engrais et de carburants, tracteurs turcs transportés sur des plateaux de camion etc...).
Pour le programme du ZIA par exemple, une production de 5 Tonnes de riz/ha avait été prévue sur leur papier/Projet. Mais il n'y eu que 4oo Kg /Ha malgré leurs gros moyens mis en jeu... les potins villageois racontaient que nos opérateurs emmenaient même avec eux leur eau en bouteille ( na ny rano sotrony anie dia ireny rano anaty tavohangy ireny é ! )
La raison ce cette incompétence technique et de cette sous-production devenue l'objet de risée des villageois ? ben.. ce ne sont pas de véritables paysans mais de simples opérateurs agricoles. C'est tout. Les paysans sur place, hilares, commencèrent alors, avec les bouviers, à rire sous cape des maladresses de ces drôles citadins tout en se moquant de la ridicule débauche de gros moyens de productions . " Ils ne savaient même pas que la saison des semis était finie.... c'est incroyable ! " ( loza izany marina )
Enfin, les évènements de Janvier 2009 avaient été l'occasion inespérée, historique même pour eux, de monter dans la Capitale, et d'exiger publiquement, durant les grèves que " l'Etat Malgache leur restitue et redonne aux migrants et aux bouviers la vallée de Beakanga, cette vallée des Pintades destinée au départ pour le pâturage des zébus et pour la culture de leur riz, de leur manioc et de leur voanjo bory ou pois de bambara ...
Havereno aminay ré Tompoko ny lohasahanay azafady, s'il vous plaît, rendez nous, Messieurs au pouvoir, notre vallée des pintades."
C'est la raison de présence des paysans à la grève sur la place du 13 Mai .
Ils étaient une dizaine là-bas sur la place des révoltés... mais ils réprésenteront dorénavant , devant l'Histoire convulsive de l'instant et pour le futur trés proche , la voix de plus de 8 000 000 petits paysans, cultivateurs , bouviers, pêcheurs etc... que les politiques semblent ignorer.
La terre a enfin crié sa révolte. Enfin .
Bonne journée
Prochain chapitre : La contestation des paysans de Manapa.
lundi 1 juin 2009
FONCIER 5 : 13 MAI des Paysans
Si vous voyez, un jour, à Antananarivo, la place du 13 Mai, vous serez aussi fascinés par les paradoxes de cet endroit hautement historique, ce haut lieu de la contestation Nationale. Par quel effet d'imagination et de symbolique, ce petit espace de plus d' une centaines d'ares irradie et exhale tant de mystères et de violence Historique aussi intense à l'instar du prestige des Champs Elysée ou de la solennelle ville de Stanlingrad ?
J'y avais aperçu récemment les vendeurs de "poule de combat", et parfois des soi-disant paysans-magiciens y font leur bizarre numéro d'avaleur de serpents, des danseurs et des contorsionnistes y accomplissent aussi des prouesses inimaginables sur ces bitumes qui ont dû conserver tant d'espoir, de souffrances, et de brutalité.
Les grandes déchirures des pages de notre politique, les formidables ruptures de société, cette place du 13 Mai aux jardins mal entretenus en est l'épicentre.
L'évènement des évènements sera, à mon avis, ce jour de Février 2009, quand mes amis m'avaient informé qu'au summun des revendications et des véhementes protestations, un groupe de paysans (nes) prirent le micro pour clamer aussi leur révolte, à l'égal des syndicalistes, des politiques, des étudiants et des fonctionnaires.
Ces paysans venaient de VASIANA, de BEAKANGA, de MORARANO etc... ils avaient manifesté leur colère contre "ces privés" (ireny oron'asa ireny) qui avaient accaparé leurs terres (nanendaka ny tanim bolinay). Qui sont ces paysans ? qu'est ce qu'on leur avait fait ? et surtout, qui m'avait affirmé un jour : "Quand la paysannerie malgache fera la grève, alors c'est la colère de la Terre et du ciel qui réclament la Justice" ? (raha ny tantsaha no mitokona dia izay vao hoe tezitra ny tanin' aman danitra); Le Grand poète engagé RADO ? ou un de mes amis de la Table Ronde aux Voûtes ? Bonjour les amis des Voûtes à Paris.
Joyeuse pentecôte
Bekoto
PS : Vous m'aviez aussi manifesté, dans les commentaires, vos intérêts à ces histoires paysannes de Madagascar... Merci à ceux qui désirent s'abonner. c'est gratuit me dit-on.
en réponse aux gentils mots pour une prise de contact personnalisé et professionnelle, mon mail ? veillez contacter SVP laterit@laterit.fr surtout à celui ou celle qui veut en savoir plus de détails sur MANAPA... bien reçu le message.
J'y avais aperçu récemment les vendeurs de "poule de combat", et parfois des soi-disant paysans-magiciens y font leur bizarre numéro d'avaleur de serpents, des danseurs et des contorsionnistes y accomplissent aussi des prouesses inimaginables sur ces bitumes qui ont dû conserver tant d'espoir, de souffrances, et de brutalité.
Les grandes déchirures des pages de notre politique, les formidables ruptures de société, cette place du 13 Mai aux jardins mal entretenus en est l'épicentre.
L'évènement des évènements sera, à mon avis, ce jour de Février 2009, quand mes amis m'avaient informé qu'au summun des revendications et des véhementes protestations, un groupe de paysans (nes) prirent le micro pour clamer aussi leur révolte, à l'égal des syndicalistes, des politiques, des étudiants et des fonctionnaires.
Ces paysans venaient de VASIANA, de BEAKANGA, de MORARANO etc... ils avaient manifesté leur colère contre "ces privés" (ireny oron'asa ireny) qui avaient accaparé leurs terres (nanendaka ny tanim bolinay). Qui sont ces paysans ? qu'est ce qu'on leur avait fait ? et surtout, qui m'avait affirmé un jour : "Quand la paysannerie malgache fera la grève, alors c'est la colère de la Terre et du ciel qui réclament la Justice" ? (raha ny tantsaha no mitokona dia izay vao hoe tezitra ny tanin' aman danitra); Le Grand poète engagé RADO ? ou un de mes amis de la Table Ronde aux Voûtes ? Bonjour les amis des Voûtes à Paris.
Joyeuse pentecôte
Bekoto
PS : Vous m'aviez aussi manifesté, dans les commentaires, vos intérêts à ces histoires paysannes de Madagascar... Merci à ceux qui désirent s'abonner. c'est gratuit me dit-on.
en réponse aux gentils mots pour une prise de contact personnalisé et professionnelle, mon mail ? veillez contacter SVP laterit@laterit.fr surtout à celui ou celle qui veut en savoir plus de détails sur MANAPA... bien reçu le message.
vendredi 29 mai 2009
FONCIER 4
Un diplomate installé à Antananarivo, notre Capitale Malgache s'était exprimé récemment à la presse à propos des évènements actuels : "Aucun diplomate sur place, et nulles chancelleries n'avaient ni prévu, ni pressenti....la soudaineté et l'intensité de cette crise"
Pourtant depuis 2005, des symptômes et des signes inquiétants de troubles profonds s'étaient déja manifestés en milieu rural, troubles dont les origines se focalisent précisement sur la question Foncière.
CHRONIQUE DES LITIGES FONCIERS
Année 2006 , Commune Rurale d'Ambohibary.
"Nous sommes pacifiques, nous les paysans d'Ambohibary Sambaina (olona milamina). Mais comment nous en sommes arrivés là ?...car le Chef de Région voulait procéder au remenbrement de nos rizières pour les déparceller et en faire un seul lot..comme ça, disait-il, le travail se fera aux tracteurs et fini les méthodes traditionnelles non productives (vita teo ny ady Gasy tsy mamokatra) me témoigna un paysan de la zone.
Les Faits : En vertu du productivisme prôné par la politique officielle de l'Etat qui veut faire de l'Agri-Bizness son cheval de bataille, les terres travaillées ou pas seront "réquisitionnées" et exploitées par les privés plus dynamiques et plus compétitifs. La commune d'Ambohibary reçut ainsi une lettre émanant du chef de Région, lettre qui exigea aux paysans de quitter illico leurs rizières car demain les ingénieurs et les tracteurs vont remenbrer les 3 000 Ha de rizières. Or, le lendemain, toute la population rurale du coin estimées à 1 000 paysans et paysannes bloqua la route menant au village et vers les rizières... Femmes et enfants s'assirent sur le chemin, les hommes armés de bêches lancèrent des pierres aux tracteurs. Ce fut une émeute très violente digne des Jacqueries anciennes de la France... Ils chantèrent en plus l'Hymne national. Le Chef de Région fit alors appel à la gendarmerie pour évacuer les protestataires, mais devant la détermination et la rage (romitra be izahay) des villageois, les services d'ordre se replièrent eux-mêmes en voyant la colère des paysans et les larmes de rage des villageoises.
La presse à l'époque narra vaguement cet évènement sans précédent... ou plutôt les dernières Jacqueries dataient de 1971 dans le Sud de Madagascar, rebellion des Bouviers nomades Antandroy qui protestèrent contre les impôts... il y eu à l'époque des morts d'hommes et une représaille d'une rare violence.
In Mémorium, que le grand leader bouvier nomade, "Dada" Monja Jaona repose en paix.
A Ambohibary donc, réside aussi un Historien, menbre de notre Comité des paysans et qui avait choisi le développement. Il élève ses vaches laitières tout en cultivant sa rizière... Sans intention publicitaire, cet historien fait aussi de l'Ethno- tourisme en racontant aux visiteurs les mythes et légendes paysannes comme celle de Ravorona (oiseau géant) nichant dans les hauteurs du Massif de l'Ankaratra, et qui, paraît-il avait pondu un oeuf dans lequel avait éclos une fille, la si belle Imaintsoanala... La fille du Ciel
Les observateurs de la "chose paysanne" manifestèrent à l'époque leur intérêt sur cette bouffée de violence paysanne dans une région où la population est pourtant réputée pour son pacifisme , par son esprit travailleur et par ses cèlèbres cultures de contre saison (carottes et petits pois d'Ambohibary)... Le remembrement des rizières, sans concertation aucune avec les paysans usagers, en était , à priori , la cause principale . Mais on concluera plus tard, avec ce rien de suffisance technocrate, "C'était juste un problème de communication monsieur... soignons bien notre message et ça ira." Ah ça ira, ça ira, ça ira dira la chanson célèbre Française ?
Conclusion : les autorités ont abandonné leur projet de culture intensive, mais les paysans, eux, resteront toujours à l'affut pour protéger leurs rizières .
Quand on refuse aux paysans le Droit de penser et d'imaginer eux même leur propre Développement (confiscation du droit de réflexion) et quand on s'amuse dangeureusement à réfléchir à la place des gens (entre nous je connais des intellos qui ne savent même pas planter le riz mais qui fanfaronnent à donner ordres aux travailleurs de la terre) alors, on verra ce qu'on verra... comme le cas de cette Commune très turbulente.... non, c'était prévisible cela Monsieur le Diplomate, il fallait , si le temps le permet , écouter parfois , le chant de l'épi du riz qui pousse..Et ne pas attendre les cris de colère de la Terre violentée par l'Agro-Bizness.
Bonne journée
Bekoto
Prochain chapitre : Le Cas des Paysans à la Place du 13 Mai , Février 2009
Pourtant depuis 2005, des symptômes et des signes inquiétants de troubles profonds s'étaient déja manifestés en milieu rural, troubles dont les origines se focalisent précisement sur la question Foncière.
CHRONIQUE DES LITIGES FONCIERS
Année 2006 , Commune Rurale d'Ambohibary.
"Nous sommes pacifiques, nous les paysans d'Ambohibary Sambaina (olona milamina). Mais comment nous en sommes arrivés là ?...car le Chef de Région voulait procéder au remenbrement de nos rizières pour les déparceller et en faire un seul lot..comme ça, disait-il, le travail se fera aux tracteurs et fini les méthodes traditionnelles non productives (vita teo ny ady Gasy tsy mamokatra) me témoigna un paysan de la zone.
Les Faits : En vertu du productivisme prôné par la politique officielle de l'Etat qui veut faire de l'Agri-Bizness son cheval de bataille, les terres travaillées ou pas seront "réquisitionnées" et exploitées par les privés plus dynamiques et plus compétitifs. La commune d'Ambohibary reçut ainsi une lettre émanant du chef de Région, lettre qui exigea aux paysans de quitter illico leurs rizières car demain les ingénieurs et les tracteurs vont remenbrer les 3 000 Ha de rizières. Or, le lendemain, toute la population rurale du coin estimées à 1 000 paysans et paysannes bloqua la route menant au village et vers les rizières... Femmes et enfants s'assirent sur le chemin, les hommes armés de bêches lancèrent des pierres aux tracteurs. Ce fut une émeute très violente digne des Jacqueries anciennes de la France... Ils chantèrent en plus l'Hymne national. Le Chef de Région fit alors appel à la gendarmerie pour évacuer les protestataires, mais devant la détermination et la rage (romitra be izahay) des villageois, les services d'ordre se replièrent eux-mêmes en voyant la colère des paysans et les larmes de rage des villageoises.
La presse à l'époque narra vaguement cet évènement sans précédent... ou plutôt les dernières Jacqueries dataient de 1971 dans le Sud de Madagascar, rebellion des Bouviers nomades Antandroy qui protestèrent contre les impôts... il y eu à l'époque des morts d'hommes et une représaille d'une rare violence.
In Mémorium, que le grand leader bouvier nomade, "Dada" Monja Jaona repose en paix.
A Ambohibary donc, réside aussi un Historien, menbre de notre Comité des paysans et qui avait choisi le développement. Il élève ses vaches laitières tout en cultivant sa rizière... Sans intention publicitaire, cet historien fait aussi de l'Ethno- tourisme en racontant aux visiteurs les mythes et légendes paysannes comme celle de Ravorona (oiseau géant) nichant dans les hauteurs du Massif de l'Ankaratra, et qui, paraît-il avait pondu un oeuf dans lequel avait éclos une fille, la si belle Imaintsoanala... La fille du Ciel
Les observateurs de la "chose paysanne" manifestèrent à l'époque leur intérêt sur cette bouffée de violence paysanne dans une région où la population est pourtant réputée pour son pacifisme , par son esprit travailleur et par ses cèlèbres cultures de contre saison (carottes et petits pois d'Ambohibary)... Le remembrement des rizières, sans concertation aucune avec les paysans usagers, en était , à priori , la cause principale . Mais on concluera plus tard, avec ce rien de suffisance technocrate, "C'était juste un problème de communication monsieur... soignons bien notre message et ça ira." Ah ça ira, ça ira, ça ira dira la chanson célèbre Française ?
Conclusion : les autorités ont abandonné leur projet de culture intensive, mais les paysans, eux, resteront toujours à l'affut pour protéger leurs rizières .
Quand on refuse aux paysans le Droit de penser et d'imaginer eux même leur propre Développement (confiscation du droit de réflexion) et quand on s'amuse dangeureusement à réfléchir à la place des gens (entre nous je connais des intellos qui ne savent même pas planter le riz mais qui fanfaronnent à donner ordres aux travailleurs de la terre) alors, on verra ce qu'on verra... comme le cas de cette Commune très turbulente.... non, c'était prévisible cela Monsieur le Diplomate, il fallait , si le temps le permet , écouter parfois , le chant de l'épi du riz qui pousse..Et ne pas attendre les cris de colère de la Terre violentée par l'Agro-Bizness.
Bonne journée
Bekoto
Prochain chapitre : Le Cas des Paysans à la Place du 13 Mai , Février 2009
lundi 9 mars 2009
lundi 23 février 2009

Chers (es) Amis (es) de la Table Ronde aux Voûtes . Paris .
C'est avec un réel plaisir que je vous adresse mes sincères remerciements pour votre participation à la Table Ronde du Samedi 21 Février. L' hiver n'a pas réussi à refroidir ni votre enthousiasme, ni vos engagements pour la cause des paysans de Madagasacar et des paysans des autres Nations qui sont aussi confrontés, malgré eux, à une rapide et brutale mutation de l'environnement de leur petit village... Il s'agissait pour moi au départ de faire émerger le discours du petit planteur de manioc ou du forestier Tanala à la fois chasseur de miel et cultivateur. Mais après une pratique paysanne collective de Développement qui fut confrontée impitoyablement sur un terrain souvent difficile, et ce depuis 20 ans, j'ai su il faudrait plus qu'un discours carré et optimiste pour transformer nos villages en véritables lieux de vie, agréables à vivre. Et Il faudrait toujours plus d actions réalistes et réalisables pour ne plus marginaliser et ni oublier la petite Paysannerie. Pouvoir aussi mettre en lumière des vies tellement humbles et effacées que nous nous demandons tous dans ce village dit planétaire où est le vrai, l'authentique et le réel. Village dans lequel l'homme parle encore avec la Nature et règle sa vie avec la course des astres et des étoiles. Ma question a été aussi la votre. Nous n'avons pas cherché la réponse. La complexité de notre monde exige des réponses multiples. Le premier pas a été fait ensemble avec vous..." Tandis que Les Européens vont dans l'espace, et que les américains jouent à la guerre des étoiles, nous les Malgaches, nous cherchons encore le chemin du village." J'ai paraphrasé notre Père Tanzanien Nyerere et j'ai continué à marcher avec nos paysans de Madagascar .
Aprés notre Table ronde aux voûtes, je sais maintenant que je ne suis plus le seul car , avec vous, j'ai trouvé des amis (es) pour faire ensemble un bout de chemin.
Amités. Bekoto.
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