Calcul naturel ( suite)
l'arrêté du 4 mars 1897 interdira définitivement les anciens poids et mesures Malgaches .
REFY ou Brasse : 1,82 mètres
DIA ou Pied : 0,27 mètres
ZEY ou Empan : environ 20 centimètres ( distance et écart compris entre l'extrémité du pouce et celle du petit doigt très écarté de l'auriculaire )
etc...
La remise en normes drastique du système de computation traditionnelle n' avait fait que déplacer la question car la majorité des Malgaches ( paysans , petits pêcheurs...) continuent toujours à mesurer " à la Malgache".
Situation paradoxale qui intrigue et perturbe nos experts étrangers ou non . Un double discours s'est alors mis parallèlement en place entre la brousse et le ville , en termes de vocabulaire et de terminologie sur les échanges commerciales ou sur les transactions ou dans bien d'autres domaines techniques .
Enseigner la logique en agriculture ?
Un constat établi par des ingénieurs agricoles sur l'état des lieux en brousse :
" Ces techniques traditionnelles , en agriculture , exigent beaucoup trop de travail et donnent de fatigue pour le paysan : le labour de 1Hectare ou 100 ares demandent 100 journées de travail pour 1 homme ( 100J/H) " ; le sarclage par ailleurs ( arracher les mauvaises herbes ) de la même surface de 1 hectare demande en plus 100 autres journées par paysan .
Pour les 100 ares , il leur faut 200 Journées . Ce calcul et cette extrapolation sont effrayants car le paysan serait ainsi condamné ( c'est le non-dit) à bêcher en longueur d' année pour toute sa vie . Diagnostic sévère .
La solution ? "
Nos nouvelles technologies baptisées X leurs permettent donc la réduction des Temps de travail et la diminution de la pénibilité , et pour la même surface pour ainsi de gagner du temps .
75 Journées suffissent avec notre méthode X au lieu de 200 journées " ( 1 ) .
Mesures paysannes
Le " Katinina " ( Cantine ? ) : 5 Kilos .
Les paysans des hautes terres usent du Kantinina pour mesurer le paddy , riz non- décortiqué ( Akotrim-bary ) . Le procédé consiste à définir et à légitimer entre les paysans eux même un autre système de poids et mesures qui comprend une grosse assiette plate et un récipient de fer - blanc ( Vy fotsy ) . L'assiette ( lovia pelaka) se trouve dans les magasins de quincaillerie .
C' est une assiette à soupe en faïence de modèle standard décoré de fleurs .
3 assiettes de paddy équivalent à 1 Katinina qui est une sorte de petit fût de fer blanc . Soit 5 kilos .
Pourquoi le paysan propose et impose même ses propres mesures vis à vis des acheteurs et du marché ? pourquoi il se méfie des balances agrées par l'État ? Ils ont coutume de dire , en aparté bien sûr , que les autres mesures ne sont pas semblables à la leur ( tsy mitovy lanja anie ny antsika é) . Ce désaveu discret des autres mesures ou ce traumatisme sont - ils dûs aux escroqueries perpétrées à coup de balance truquée depuis toujours ? c'est à dire depuis les échanges inéquitables entre ville/Campagne ,Pays riches/pauvres et le Nord/Sud ?
D'autres régions utilisent le Vata ( ou caisse ) , qui est encore un autre modèle de poids .
Sinon tous les Malgaches dosent leur riz à cuire au " Kapaoka" , le fameuse boîte de lait suisse nestlé qui équivaut à 310 grammes je crois ( firy kapaoka ny vary hatokona ? ) .
Dans les régions aurifères , les chercheurs d'or et les orpailleurs de Maevatanana de la région de Boeny , à défaut d'onces ( 2 ) ou des plaquettes de mesures officielles agrées , utilisent quelques grains de paddy et 14 grains de paddy riz long de la variété Ali Como pèseraient exactement 1 gramme selon les orpailleurs et aventuriers .
Je n'ai pas vérifier sincèrement . Mais les acheteurs de poudre d'or répètent toujours ces chiffres de 14 grains de paddy .
Mesure de surface ou le Ketsa
La dimension d'une rizière se mesure aussi en fonction du temps que la paysanne est capable de donner . 10 ares ou le 1/100 d'hectare est appelé Ketsa iray vavy ou surface qu'une paysanne peut repiquer en jeunes pousses de riz dans une journée de 6 à 8 heures de travail.
I hectare exige donc 100 paysannes pour le repiquage . C'est seulement une façon d'apprécier l'investissement humain à faire . Car une centaine de paysannes ne font pas évidemment ensemble dans une journée un méga- semis . le temps de travail est reparti dans la semaine et selon un calendrier cultural rigoureux .
Le " ketsa 10 vavy " ou semis pour 10 femmes travaillant d'affiliée pendant 10 jours équivaut ainsi à 100 ares de surface ou 1 hectare(3).
Quand un paysan estime d'un coup d'œil un nouveau champs et quand il affirme " ketsa 10 vavy io " (10 femmes pourront faire ce semis en 10 jours ) cela veut dire aussi que ce champs a une surface de 1 hectare .
Quand les agriculteurs dans les pays riches font leur semis par voie aérienne , unique solution pour semer 1000 ha ou 100 000 hectares de rizières d 'un coup d'aile d 'un avion Canadair ( cas de la Camargue ) , leur soucis entre dans leur logique productiviste et mécaniste .
Semer le riz à la main et en groupe comme toujours , et à l'ancienne , entre dans la logique culturelle d ' une civilisation du riz . Être fidèle à ses propres valeurs et respectueux des traditions de la Terre , de leur Terre ( Fomban-taninay io ) .C'est un Droit .
Comprendre d'abord
La conclusion serait d ' affirmer tout de go que les paysans ne savent pas compter. Faux . Plutôt , ils ne comptent pas comme vous et moi , les scolarisés et les lettrés . Tsilevo le bouvier nomade ( voir les migrants ) lui , connaît par cœur ses 7 000 zébus car il leur donne des noms en fonction de la couleur de son pelage ou en fonction de son caractère . Ikala mena ( la rouge ) , bory tandroka ( corne cassée ) Lay Adaladalafotsy mavoka ( le blanchâtre fou - fou ) .
Inconcevables pour ceux qui ne raisonnent pas comme lui , mais qui , par contre , fonctionnent aussi vite qu'une machine à calculer ou comme une calculette de poche .
Les paysans ont une autre mode de comptage et de mesure . C'est tout . Cette mesure du travail à l'échelle de l'homme a, au moins , le mérite d'être extrêmement simple, précis , juste et pratique. Est ce que c'est cela la fameuse Economie sociale ?
Développement soutenable , durable , participatif etc... en d'autres termes car le développement ne devrait pas nuire ni à l 'Homme ni à son environnement . Sinon , le phénomène social du karoshi en Asie semble être , par ailleurs, un de ces étranges symptômes de l'extra- Développement ( 4 ) .
A propos d'intelligence non-artificielle , les psychologues évoquent dans la notion de l' Eidetisme :" Cette faculté d'une personne de revoir avec une grande acuité sensorielle des objets perçus plus ou moins longtemps auparavant , sans en croire à la réalisation matérielle du phénomène " (avoir un esprit eidétique) . Ou simplement mémoire d'éléphant .C'est un peu ce fameux savoir traditionnel de tous les peuples primitifs ou pas de la planète . Sans nostalgie , ni apologie politico-romantique d'un monde paysan archaïque en voie de disparition dit-on .
Oui la Terre et les paysans ont bonne mémoire. Ils ont aussi leur propre façon de "computer " et de quantifier . Naturellement dira l'autre .
La civilisation de la vitesse a oublié les paysans . les paysans , réciproquement se méfient de cette vitesse . Mais eux ils continuent à fonctionner à leur façon , sans trop nous demander des comptes en plus .
A se poser des questions de fond , à l'égal du professeur Galibert de notre table ronde des voûtes à Paris en Février dernier sur le pourquoi de cette "Instrumentalisation de la paysannerie par les pouvoirs successifs à Madagascar " ?
Fruits de saisons
La fête et le Festival des litchis viennent de commencer sur la côte orientale . l'année a été bonne paraît-il et les litchis seront charnus et juteux . Bon appétit .
Bon lundi
bekoto
1 ) Une nouvelle technologie visant à réduire le temps de travail du paysan avait été , durant 15 ans , initiée , enseignée en brousse .Mais nos paysans ne l'ont jamais adoptés cette fameuse technologie visant à économiser son temps de travail dans les champs . Ont -ils compris que c'est dans leurs intérêts ces Recherches ?
Un diagnostic de ce blocage ou retard méritera plus tard d'être objectivement mener . Voir chapitre " Recherches et Développement N°1 . Plus de 10 millions d'euros ont été injecté dans ce projet X sus-cité . le titre de ce projet est volontairement non-spécifié de ma part . Pour éviter une polémique trop prématurée avec toutes les Coopérations internationales de chez nous à Madagascar . A traiter en temps opportun car les résultats mitigés d'une tel investissement mérite quand même une petite discussion franche quant à propos d 'une coopération qualifiée de juste et efficace. Les paysans n'ont pas la montre. ils ont le Temps. A suivre donc .
2 ) l'once :mesures anciennes des romains ( 27,25 grammes ) ou oz chez les Anglo-saxons (28,35 grammes )
3) Des interdits et des tabous entourent toujours les rizières . La rizière , par exemple , est interdite à une fille ou femme ayant leurs menstrues ou règles . Et la fête des moissons reste toujours un grand évènement culturel dans nos villages . Les fêtes de la récolte (fararanon'danonana) .
4) karoshi : mot japonnais qui veut dire mourir par stress . le Karoshi est un phénomène social au pays du soleil levant . Mes excuses pour avoir parlé des problèmes des autres sociétés . Grand respect pour les riziculteurs et chercheurs Japonnais qui font aussi partie , comme nous les Malgaches , des grands mangeurs de riz de la planète .
PS : il est 16h15 mn . Mby am-joron'akoho ( le soleil frappe l'angle sud qui est l'emplacement réservé au poulailler , juste au dessus du parc à veau )
lundi 12 octobre 2009
vendredi 9 octobre 2009
SAISON DES PLUIES : Fahavaratra
Le Temps du labours
Depuis quelques jours , sur les Hautes Terres , le couchant prend une couleur mandarine mûre et les matins sont chauds et brumeux .Il fait bon d'être lève tôt . L'hiver austral est bel et bien parti .
Les paysans imprévoyants qui n'avaient pas curé leurs canaux ( tatatra ) pour l'eau de leurs cultures ont eu des problèmes de crues dans leur vallée rizicole . La beauté du ciel avec de nuages gonflés de pluies ne réjouissait que moi qui me permettais béatement , le nez en l'air , de contempler les signes éternels de la saison des pluies et des cyclones tropicaux . Nos paysans , eux , s'organisent pour le labour , pied sur terre.
Fabriquer le Temps
Le calcul des techniciens agricoles prévoit qu'il faudrait :193/J/H de temps de travaux pour 1Ha de maïs . Traduction : un paysan avec ses méthodes traditionnelles ( sa bêche , ses forces de bras , ses zébus à charrue ) perd trop de son temps et de son énergie car il va mettre en tout 193 jours pour l'itinéraire technique ( labour, semis etc..) pour travailler son 1 hectare de terres pour ses maïs . La conclusion classique est que le paysan n'est pas rentable . Donc il faut innover et changer la façon de faire . Une nouvelle méthode de cultures le permettra de faire du maïs avec , seulement , 82 jours . Au lieu de 193 jours .
Exemple de malentendu technique . Il y a un mal-dit ou un non-dit ou un trop -dit pour obtenir ce genre de malentendu désormais historique que nous résumons , quitte à caricaturer , par le conflit tradition/moderne , ou bien nation en voie de Développement , ou aussi pays émergents .
La notion du temps a changé là où les révolutions industrielles ou idéologiques avaient laissé leur marque .
Le paysan en question possède ses propres modes de calcul " naturel " . Un temps à la mesure de l'homme et épousant la marche des saisons , un temps qui prend en compte la nature dans lequel il évoluait depuis toujours . Et les techniciens , eux , ils passent ou changent toujours de discours ou de méthodes selon l'orientation ou " le truc" et gadget du moment . Ce ne sont pas les innovations techniques ou les méthodes qui ont manqué depuis toujours dans le monde agricole .
Calcul naturel
"Les malgaches n'ayant ni montre ni horloge , avaient ( ont ) des expressions pour désigner les différentes heures du jours et de la nuit . Elles étaient ( ont ) été établies suivant la marche du soleil par rapport à l'ombre qui se déplace autours de sa maison . La fameuse horloge solaire qui cadençait la vie de toutes les civilisations du monde . Des Aztèques aux chinois anciens.Précisons aussi que le soleil ici se lève et se couche à la même heure . Avec un écart d'une heure environ selon la saison .
Exemples
Il est 8 heure du matin : Afa-drano-panala ( Quand la rosée s'est évaporée )
Il est 3 heures du soir : Am-pamatoran-janak'omby ( Quand les rayons du soleil de l'après midi arrivent à l'endroit où le veau est attaché
A suivre
Bon vendredi
Bekoto
PS : Juste vous dire que le labour commence...
Depuis quelques jours , sur les Hautes Terres , le couchant prend une couleur mandarine mûre et les matins sont chauds et brumeux .Il fait bon d'être lève tôt . L'hiver austral est bel et bien parti .
Les paysans imprévoyants qui n'avaient pas curé leurs canaux ( tatatra ) pour l'eau de leurs cultures ont eu des problèmes de crues dans leur vallée rizicole . La beauté du ciel avec de nuages gonflés de pluies ne réjouissait que moi qui me permettais béatement , le nez en l'air , de contempler les signes éternels de la saison des pluies et des cyclones tropicaux . Nos paysans , eux , s'organisent pour le labour , pied sur terre.
Fabriquer le Temps
Le calcul des techniciens agricoles prévoit qu'il faudrait :193/J/H de temps de travaux pour 1Ha de maïs . Traduction : un paysan avec ses méthodes traditionnelles ( sa bêche , ses forces de bras , ses zébus à charrue ) perd trop de son temps et de son énergie car il va mettre en tout 193 jours pour l'itinéraire technique ( labour, semis etc..) pour travailler son 1 hectare de terres pour ses maïs . La conclusion classique est que le paysan n'est pas rentable . Donc il faut innover et changer la façon de faire . Une nouvelle méthode de cultures le permettra de faire du maïs avec , seulement , 82 jours . Au lieu de 193 jours .
Exemple de malentendu technique . Il y a un mal-dit ou un non-dit ou un trop -dit pour obtenir ce genre de malentendu désormais historique que nous résumons , quitte à caricaturer , par le conflit tradition/moderne , ou bien nation en voie de Développement , ou aussi pays émergents .
La notion du temps a changé là où les révolutions industrielles ou idéologiques avaient laissé leur marque .
Le paysan en question possède ses propres modes de calcul " naturel " . Un temps à la mesure de l'homme et épousant la marche des saisons , un temps qui prend en compte la nature dans lequel il évoluait depuis toujours . Et les techniciens , eux , ils passent ou changent toujours de discours ou de méthodes selon l'orientation ou " le truc" et gadget du moment . Ce ne sont pas les innovations techniques ou les méthodes qui ont manqué depuis toujours dans le monde agricole .
Calcul naturel
"Les malgaches n'ayant ni montre ni horloge , avaient ( ont ) des expressions pour désigner les différentes heures du jours et de la nuit . Elles étaient ( ont ) été établies suivant la marche du soleil par rapport à l'ombre qui se déplace autours de sa maison . La fameuse horloge solaire qui cadençait la vie de toutes les civilisations du monde . Des Aztèques aux chinois anciens.Précisons aussi que le soleil ici se lève et se couche à la même heure . Avec un écart d'une heure environ selon la saison .
Exemples
Il est 8 heure du matin : Afa-drano-panala ( Quand la rosée s'est évaporée )
Il est 3 heures du soir : Am-pamatoran-janak'omby ( Quand les rayons du soleil de l'après midi arrivent à l'endroit où le veau est attaché
A suivre
Bon vendredi
Bekoto
PS : Juste vous dire que le labour commence...
mercredi 7 octobre 2009
LES MIGRANTS ( 3 ) : Etude de cas
Introduction
Suite à l'atelier d'août 2006 ( 1 ) au Centre d'appui et de formation agricole (CAF ) à Antsirabe , sur la Migration intra-régionale , je vous restitue ici mon intervention devant des leaders paysans , des représentants du Ministère de l'agriculture , et des responsables de fédérations paysannes .
L'exposé
" je vous présente 3 cas de migration paysanne . Le choix des sites de migration est simple car je suis toujours en contact régulier avec les migrants qui n'hésitent pas à venir dans ma maison pour des conseils ou pour m'apporter des nouvelles du village .
Le cas n°1 se situe à Marotaolana ( là où s'entasse des ossements) ( 2 ), commune rurale d'Anjoma où est implanté depuis 1975 et bien avant même le projet de migration officielle de l'Etat .
Le cas n°2 est une migration "spontanée" et volontaire de 141 familles dans la même commune sus - citée . Le site s'appelle Morarano (3) ( là où l'eau est abondante ) .
Le cas n°3 est celui de Manapa . Village crée à travers un mouvement de population paysanne déclenché en 1963 , durant les premières années de l'indépendance pendant laquelle l'État Malgache incita et appuya financièrement la migration et distribua les terres fertiles (sans paysans ) aux volontaires désireux de faire une autre vie ( manao fiainan-baovao ).
Comme remarque générale sur ces différents cas , il y a des similitudes dans la première démarche des groupes . L' implantation se fait systématiquement par étape , avec le temps , les paysans- migrants s'adaptent progressivement à son environnement et avec ses voisins . D'abord , les postulants à l'aventure migratoire envoient sur les futurs lieux d'occupation un petit groupe d'hommes , un avant-garde de solides bonshommes ( lahy matanjaka maro maro ) dont le rôle est de tâter le terrain vierge ( mitsapa ny tany vao ) et demander l'accord les populations historiques résidant sur place ( manao fomba sy miera any Tompon-tany).
A priori , comme vous pouvez le constater sur votre propre chantier agricole ,ces paysages en apparence inhabités et déserts sont bel et bien occupés ou servent de relais et de bivouac aux pasteurs nomades Bara , Antandroy . Parfois des chercheurs d'or et de pierres précieuses sillonnent cet immense panorama . Je ne vous parle même pas des bandits et des Mavo ( les mauvais) qui hantent nos campagnes et qui nous donnent souvent des cauchemars.
De toutes les façons, les brigands font partie du risque dans notre métier de développeur en zone hostile...Sinon , avez vous pu observer aussi que chaque colline(havoana) , qu'un coin de vallée silencieuse ( lohasaha mangina) , qu'un lambeau de forêt primaire , qu'un morceau d'espace ( singana toerana kely ) possèdent toujours un nom ou une appellation ? (4)
Si ces lieux inconnus ont un nom c'est que d'autres hommes étaient passés par là , avec leur histoire , leur défi et leur espoir aussi .
J'espère qu'avec ces études des trois cas , des hypothèses de travail pourront être élaborer pour pouvoir réussir , comme l'indique le sujet du jour ,une migration paysanne .
Le site migratoire de Marotaolana 1975
J'ai connu ces migrants originaires des hautes terres grâce à un litige foncier qui les opposait à la population nomade Bara , premiers occupants historiques des lieux .L'affaire actuellement traité auprès du tribunal s'appelle " l'affaire Tsilevo " , du nom d 'un neveu de chef traditionnel Bara . Le jeune tsilevo est en conflit contre les paysans .
Historique
1975 :première occupation des lieux par les migrants officiels.Création du hameau Marodita(où pullulent les sangsues ).Cérémonie et demande de bénédiction auprès des bouviers nomades Bara , ces propriétaires naturels des espaces.Cette demande de terres se fait devant le Fokonolona et l'accord verbal sera plus tard entériné par le Fokontany ( cellule administrative de base ).L'accord se fait sur parole devant témoins ( teny hiarana )
1985 : extension des terrains de cultures et une autre cérémonie pour redemander d'autres terres aux Bara
1986
Un membre du clan Bara riche en cheptel bovin, le fameux Tsilevo , arriva sur les lieux . Étant le neveu d'un puissant chef de clan , le jeune et fougueux Tsilevo est un intouchable.Ses zébus , en ce moment là , commencèrent à divaguer et à manger la récolte des paysans-migrants. La destruction de récolte est une affaire pénale .La tension commença à s'installer entre les deux communautés qui étaient pourtant en relation de bon voisinage avant .
1995
Tsilevo augmenta encore ses troupeaux de zébus . Le fokonolona parlait même de 7 000 têtes de zébus .Les mauvaises langues accusèrent par ailleurs Tsilevo d'être un chef de bande de voleurs de zébus ( dahalo izy io ). Et la destruction des récoltes par les bêtes continua .
Pointe d'humour involontaire , les paysans mirent un panneau qui démarquait leur territoire , le genre " Défense d'entrer , propriété privé " . Cela ne put empêcher les dégâts causés par les animaux de Tsilevo et en réplique aux paysans furieux , notre Bara répondit : " Mes zébus , comme moi , ne savent pas lire vos panneaux ".
1997
les paysans portèrent plainte auprès du Tribunal sur leurs 24 Ha de manioc et de maïs brouter jusqu'à la racine par les zébus " analphabètes " de Tsilevo. ( lanina mbany fakany ny mangahazo sy ny katsaka )
1998
Les autorités ( maire , gendarmes ) confrontèrent les antagonistes et les prièrent de s'arranger à l'amiable . Cette région hostile n'a pas besoin d'une friction inter-clanique de plus supplémentaire .
1999
Mais Tsilevo le nomade Bara , riposta et porta aussi plainte sur une affaire de cochons des paysans qui auraient profané et souillé des coins sacrés ... Les porcs sont tabous chez les nomades Bara et tsilevo , paré de ses amulettes et sa lance , demanda par la suite des titres d'acquisition et de bornage de ses pâturages traditionnels de plus de 2 000 Ha auprès des services des domaines .
Ce qui suppose à terme , la fin et la mort des villages des migrants car ceux -çi n'auront plus jamais d'espace à l'avenir pour étendre leurs plantations et leurs villages .
A cette époque , le tribunal trancha en suspendant tous les travaux agricoles sur les pâturages à problème tout en donnant raison à Tsilevo le fougueux bouvier Bara aux 7 000 zébus . Les histoires de tabous ( fady ) sont des histoires graves en brousse .
Nos migrants , dont les familles augmentèrent au nombre de 400 familles , soit environ 2 000 âmes , firent appel . En désespoir de cause .
2006
Un statu quo ou une trêve tacite ont été observés par les deux parties en litige . L'Etat étant aussi en pleine réorientation sur sa politique agricole et Foncière .
En plus les cochons en liberté des villageois avaient bel et bien " souillés" une case Bara .
En résumé , et par delà l'aspect juridique du conflit , nous pouvons relever les points suivants :
A) C' est un conflit classique et universel entre éleveurs sédentaires et bouviers nomades
B) La politique de migration rencontre l'insécurité Foncière , source de blocage du développement et de la prospérité des villages .
C) Une politique judicieuse sur les pâturages traditionnels et sur les mouvements des nomades et de leurs troupeaux n'est pas encore insérer dans un cadre institutionnel clair . Une harmonisation des intérêts du paysan sédentaire et du bouvier nomade doit être étudier de très prés .
Bref , c'est un conflit de cultures différentes , un conflit de civilisation même si vous voulez .
Que faire ?
l'impuissance des autorités à régler ces drames récurrents en brousse , provient , dans le fond, d ' une manque de perspective dans l'attribution équilibrée des espaces et pour les cultures et pour les élevages ambulatoires traditionnels . Ce sont deux activités complémentaires pourtant .
La politique de migration , si nous tirons une leçon sur Tsilevo , doit prendre en compte les occupants historiques des lieux . un respect et une tolérance des us et coutumes des Bara est le minimum demandé aux migrants .Le "minimum vital " . Pour éviter des troubles sociaux inutiles et harassants à la fin . Ce n'est pas facile de gérer tout le temps des conflits inter-communautaires ou inter-claniques en brousse .
A suivre .Morarano . Cas n°2
Bon mercredi
Bekoto
PS :La politique du " Ranching" initié en 2007 par l'ancien pouvoir au sud , à Ihosy , le paradis des zébus semi-sauvages , consistait à parquer obligatoirement tous les ruminants dans un "Ranch" plus ou moins privé de 1 000 Ha et plus.
Dans un premier temps , les éleveurs nomades mirent leurs bêtes dedans . Mais actuellement , vu la débandade constatée auprès des futurs Cow Boys du Ranch d'Ihosy , les nomades ont très vite retiré leurs bêtes car, selon eux , " elles maigrissent et souffrent de ne pas pouvoir gambader ou se battre entre eux " ( mijaly avao aomby né...mahi biby..tsy afa-mialy koa 'reo ).
Pour la petite histoire de bêtes , un spécimen de zébu semi-sauvage , un monstre de la nature de 650 kg avait été , lors d'une foire paysanne exposé à Maintirano , dans la région du BOENY .
Notes
1 ) 2006 : rappel sur le foncier . C'était le moment de la réforme foncière suivi de la révolution verte .
2 ) Marotaolana ( où il y a beaucoup d'ossement) est un lieu devenu historique par les guerres frontaliers entre les hautes Terres et les royaumes Sakalava . Le lieu dit fut le cimetière des soldats morts dans la bataille .
3 ) Morarano : C'est le village des migrants que vous pouvez voir dans le film " Mahaleo" de Paës et de Rajaonarivelo . Voir Laterit SVP .
4 ) La toponymie ou l'étude de l'origine et de l'étymologie des noms des lieux est une science d'avenir pour nous . Les satellites ou le SIG ( système d'information géographique ) nous dévoilent du ciel des " paysages vides et désertiques " . En opposition avec la mémoire des Malgaches qui ont déjà donné des noms à tous les lieux inimaginables . Regardez attentivement une carte de Madagascar échelle 50 000 ème . Vous verrez tous les noms des coins supposés inoccupés , inhabités et inconnus .
Suite à l'atelier d'août 2006 ( 1 ) au Centre d'appui et de formation agricole (CAF ) à Antsirabe , sur la Migration intra-régionale , je vous restitue ici mon intervention devant des leaders paysans , des représentants du Ministère de l'agriculture , et des responsables de fédérations paysannes .
L'exposé
" je vous présente 3 cas de migration paysanne . Le choix des sites de migration est simple car je suis toujours en contact régulier avec les migrants qui n'hésitent pas à venir dans ma maison pour des conseils ou pour m'apporter des nouvelles du village .
Le cas n°1 se situe à Marotaolana ( là où s'entasse des ossements) ( 2 ), commune rurale d'Anjoma où est implanté depuis 1975 et bien avant même le projet de migration officielle de l'Etat .
Le cas n°2 est une migration "spontanée" et volontaire de 141 familles dans la même commune sus - citée . Le site s'appelle Morarano (3) ( là où l'eau est abondante ) .
Le cas n°3 est celui de Manapa . Village crée à travers un mouvement de population paysanne déclenché en 1963 , durant les premières années de l'indépendance pendant laquelle l'État Malgache incita et appuya financièrement la migration et distribua les terres fertiles (sans paysans ) aux volontaires désireux de faire une autre vie ( manao fiainan-baovao ).
Comme remarque générale sur ces différents cas , il y a des similitudes dans la première démarche des groupes . L' implantation se fait systématiquement par étape , avec le temps , les paysans- migrants s'adaptent progressivement à son environnement et avec ses voisins . D'abord , les postulants à l'aventure migratoire envoient sur les futurs lieux d'occupation un petit groupe d'hommes , un avant-garde de solides bonshommes ( lahy matanjaka maro maro ) dont le rôle est de tâter le terrain vierge ( mitsapa ny tany vao ) et demander l'accord les populations historiques résidant sur place ( manao fomba sy miera any Tompon-tany).
A priori , comme vous pouvez le constater sur votre propre chantier agricole ,ces paysages en apparence inhabités et déserts sont bel et bien occupés ou servent de relais et de bivouac aux pasteurs nomades Bara , Antandroy . Parfois des chercheurs d'or et de pierres précieuses sillonnent cet immense panorama . Je ne vous parle même pas des bandits et des Mavo ( les mauvais) qui hantent nos campagnes et qui nous donnent souvent des cauchemars.
De toutes les façons, les brigands font partie du risque dans notre métier de développeur en zone hostile...Sinon , avez vous pu observer aussi que chaque colline(havoana) , qu'un coin de vallée silencieuse ( lohasaha mangina) , qu'un lambeau de forêt primaire , qu'un morceau d'espace ( singana toerana kely ) possèdent toujours un nom ou une appellation ? (4)
Si ces lieux inconnus ont un nom c'est que d'autres hommes étaient passés par là , avec leur histoire , leur défi et leur espoir aussi .
J'espère qu'avec ces études des trois cas , des hypothèses de travail pourront être élaborer pour pouvoir réussir , comme l'indique le sujet du jour ,une migration paysanne .
Le site migratoire de Marotaolana 1975
J'ai connu ces migrants originaires des hautes terres grâce à un litige foncier qui les opposait à la population nomade Bara , premiers occupants historiques des lieux .L'affaire actuellement traité auprès du tribunal s'appelle " l'affaire Tsilevo " , du nom d 'un neveu de chef traditionnel Bara . Le jeune tsilevo est en conflit contre les paysans .
Historique
1975 :première occupation des lieux par les migrants officiels.Création du hameau Marodita(où pullulent les sangsues ).Cérémonie et demande de bénédiction auprès des bouviers nomades Bara , ces propriétaires naturels des espaces.Cette demande de terres se fait devant le Fokonolona et l'accord verbal sera plus tard entériné par le Fokontany ( cellule administrative de base ).L'accord se fait sur parole devant témoins ( teny hiarana )
1985 : extension des terrains de cultures et une autre cérémonie pour redemander d'autres terres aux Bara
1986
Un membre du clan Bara riche en cheptel bovin, le fameux Tsilevo , arriva sur les lieux . Étant le neveu d'un puissant chef de clan , le jeune et fougueux Tsilevo est un intouchable.Ses zébus , en ce moment là , commencèrent à divaguer et à manger la récolte des paysans-migrants. La destruction de récolte est une affaire pénale .La tension commença à s'installer entre les deux communautés qui étaient pourtant en relation de bon voisinage avant .
1995
Tsilevo augmenta encore ses troupeaux de zébus . Le fokonolona parlait même de 7 000 têtes de zébus .Les mauvaises langues accusèrent par ailleurs Tsilevo d'être un chef de bande de voleurs de zébus ( dahalo izy io ). Et la destruction des récoltes par les bêtes continua .
Pointe d'humour involontaire , les paysans mirent un panneau qui démarquait leur territoire , le genre " Défense d'entrer , propriété privé " . Cela ne put empêcher les dégâts causés par les animaux de Tsilevo et en réplique aux paysans furieux , notre Bara répondit : " Mes zébus , comme moi , ne savent pas lire vos panneaux ".
1997
les paysans portèrent plainte auprès du Tribunal sur leurs 24 Ha de manioc et de maïs brouter jusqu'à la racine par les zébus " analphabètes " de Tsilevo. ( lanina mbany fakany ny mangahazo sy ny katsaka )
1998
Les autorités ( maire , gendarmes ) confrontèrent les antagonistes et les prièrent de s'arranger à l'amiable . Cette région hostile n'a pas besoin d'une friction inter-clanique de plus supplémentaire .
1999
Mais Tsilevo le nomade Bara , riposta et porta aussi plainte sur une affaire de cochons des paysans qui auraient profané et souillé des coins sacrés ... Les porcs sont tabous chez les nomades Bara et tsilevo , paré de ses amulettes et sa lance , demanda par la suite des titres d'acquisition et de bornage de ses pâturages traditionnels de plus de 2 000 Ha auprès des services des domaines .
Ce qui suppose à terme , la fin et la mort des villages des migrants car ceux -çi n'auront plus jamais d'espace à l'avenir pour étendre leurs plantations et leurs villages .
A cette époque , le tribunal trancha en suspendant tous les travaux agricoles sur les pâturages à problème tout en donnant raison à Tsilevo le fougueux bouvier Bara aux 7 000 zébus . Les histoires de tabous ( fady ) sont des histoires graves en brousse .
Nos migrants , dont les familles augmentèrent au nombre de 400 familles , soit environ 2 000 âmes , firent appel . En désespoir de cause .
2006
Un statu quo ou une trêve tacite ont été observés par les deux parties en litige . L'Etat étant aussi en pleine réorientation sur sa politique agricole et Foncière .
En plus les cochons en liberté des villageois avaient bel et bien " souillés" une case Bara .
En résumé , et par delà l'aspect juridique du conflit , nous pouvons relever les points suivants :
A) C' est un conflit classique et universel entre éleveurs sédentaires et bouviers nomades
B) La politique de migration rencontre l'insécurité Foncière , source de blocage du développement et de la prospérité des villages .
C) Une politique judicieuse sur les pâturages traditionnels et sur les mouvements des nomades et de leurs troupeaux n'est pas encore insérer dans un cadre institutionnel clair . Une harmonisation des intérêts du paysan sédentaire et du bouvier nomade doit être étudier de très prés .
Bref , c'est un conflit de cultures différentes , un conflit de civilisation même si vous voulez .
Que faire ?
l'impuissance des autorités à régler ces drames récurrents en brousse , provient , dans le fond, d ' une manque de perspective dans l'attribution équilibrée des espaces et pour les cultures et pour les élevages ambulatoires traditionnels . Ce sont deux activités complémentaires pourtant .
La politique de migration , si nous tirons une leçon sur Tsilevo , doit prendre en compte les occupants historiques des lieux . un respect et une tolérance des us et coutumes des Bara est le minimum demandé aux migrants .Le "minimum vital " . Pour éviter des troubles sociaux inutiles et harassants à la fin . Ce n'est pas facile de gérer tout le temps des conflits inter-communautaires ou inter-claniques en brousse .
A suivre .Morarano . Cas n°2
Bon mercredi
Bekoto
PS :La politique du " Ranching" initié en 2007 par l'ancien pouvoir au sud , à Ihosy , le paradis des zébus semi-sauvages , consistait à parquer obligatoirement tous les ruminants dans un "Ranch" plus ou moins privé de 1 000 Ha et plus.
Dans un premier temps , les éleveurs nomades mirent leurs bêtes dedans . Mais actuellement , vu la débandade constatée auprès des futurs Cow Boys du Ranch d'Ihosy , les nomades ont très vite retiré leurs bêtes car, selon eux , " elles maigrissent et souffrent de ne pas pouvoir gambader ou se battre entre eux " ( mijaly avao aomby né...mahi biby..tsy afa-mialy koa 'reo ).
Pour la petite histoire de bêtes , un spécimen de zébu semi-sauvage , un monstre de la nature de 650 kg avait été , lors d'une foire paysanne exposé à Maintirano , dans la région du BOENY .
Notes
1 ) 2006 : rappel sur le foncier . C'était le moment de la réforme foncière suivi de la révolution verte .
2 ) Marotaolana ( où il y a beaucoup d'ossement) est un lieu devenu historique par les guerres frontaliers entre les hautes Terres et les royaumes Sakalava . Le lieu dit fut le cimetière des soldats morts dans la bataille .
3 ) Morarano : C'est le village des migrants que vous pouvez voir dans le film " Mahaleo" de Paës et de Rajaonarivelo . Voir Laterit SVP .
4 ) La toponymie ou l'étude de l'origine et de l'étymologie des noms des lieux est une science d'avenir pour nous . Les satellites ou le SIG ( système d'information géographique ) nous dévoilent du ciel des " paysages vides et désertiques " . En opposition avec la mémoire des Malgaches qui ont déjà donné des noms à tous les lieux inimaginables . Regardez attentivement une carte de Madagascar échelle 50 000 ème . Vous verrez tous les noms des coins supposés inoccupés , inhabités et inconnus .
mardi 6 octobre 2009
LES MIGRANTS ou MPIFINDRA - MONINA ( 2 )
" Comment réussir une Migration " ?
Des acteurs de développement ( ONG's , Leaders paysans etc...) s'étaient , un jour , réunis , à l'initiative du Fonds Européen sur la Migration pour dégager , ensemble , des pistes d'actions pratiques pour créer des villages . ( 1 ) . Notre titre suggère déjà la louable ambition de ce projet de vouloir déplacer des populations vers les zones difficiles , désertiques , et voire , hostiles . Mais à ce jour , très peu initiative a vu le jour pour " faire de nouveaux villages avec des nouvelles populations " et les Malgaches continuent à s' entasser ( 2 ) dans les villes , ces centres qui sont aussi comme toutes les villes du monde , malades de leur croissance et (ex)croissance . D'après les projections diverses , une explosion démographique est à prévoir en 2025 dans la grande île et les contraintes migratoires seront à prendre au sérieux . D ' où l'atelier sus- cité .
Bref historique de la Migration
Les institutions concernées par le mouvement Migratoire étaient le Ministère de l'agriculture ou celui de l'aménagement des territoires actuellement . Les textes anciens de 1974 sur la migration définissait le rôle de l'État comme suit :
a ) l'État organisait les mouvements migratoires dans les zones définies par avance comme , par exemple , les Zones d'aménagement Foncier ( ZIA ) qui englobent tout le Moyen Ouest de l'île , cet immense plateau que les géographe dénomment la façade Mozambicaine . Les sites officiels destinés aux migrants ( mpifindra - monina) sont :
Ambararatabe ( Lieu des hauts bambous ) à Tsiroanimandidy ( 3 ) ,
Ajoma dans le Vakinankaratra ou
Ihosy dans région de la Haute Matsiatra ( 4 )
etc ...
b )Une enquête socio-économique et foncière était commanditée par le Ministère de tutelle pour les relevées pédologiques afin de savoir les cultures favorables à planter, et pour le calcul de surface à doter par famille ( 5 à 8 Ha /famille en moyenne ) .
c ) Des obligations sont exigées aux volontaires-migrants : " mise en valeur directe , paisible et effectif " ; interdiction de fermage et de métayage des terres octroyées .
Dates- clés
Les Kibboutz - Israéliens et les Coopératives
Avant 1972 , les Israéliens avaient initié des communautés - migratoires à aménager l'espace selon leur propre modèle . Les orangeraies israéliens étaient légendaires à l'époque .
En 1975 , la Direction des réformes agraires , ayant récupérée le projet migratoire , continua dans les sillons tracés par les Kibboutz , mais avec ce rien de doctrinaire et d'enthousiasme militant ( Coopératives Socialistes et révolutionnaires , à l'image du Doujtché Nord Coréen ) .
En 2006 , ce fut le revirement totale de la politique car la libéralisation et la privatisation ont été les nouveaux axes de travail officiel .Des réformes ont été décrétées : suppression des subventions d'État aux migrants ; rôle désormais " passif " de l ' État qui devint , non plus un accompagnateur et un soutien , mais un prestataire de services qui faisait payer ses conseils ; enfin l 'énorme difficulté du service de Migration même ( restructuration tactique selon le jargon ) , donc l'abandon de fait des " Terres sans paysans " .
Enfin , un schéma Directeur de la Migration fut crée afin d'harmoniser des futurs et possibles conflit d'intérêts entre les trois principaux acteurs : l'État et les élus, les opérateurs privés et les paysans- Migrants .
L'orientation de l 'État vers l 'Agro-business et la révolution verte pourra s'interpréter , et d'un , par l'abandon de la politique de soutien à la migration organisée des paysans et , de deux , par le feu vert accordé aux opérateurs privés étrangers ou non qui désireraient s'investir dans le créneau abandonné de l'agriculture .Au fait , des spécialistes soutiennent par ailleurs que " l'agriculture Malgache est un secteur sinistré " . Pour ces experts en développement , ce ne sont pas les mots/chocs et les slogans qui vont leur manquer entre nous .
L'actualité sur le Foncier est encore très agitée en ce moment . A l'exemple de l'affaire Daweo qui défraie toujours les chroniques dans les chaumières et même dans le monde entier . Madagascar avait osé " Chasser le dragon asiatique qui voulait manger leurs terres " selon un journal hebdomadaire Suisse .( 5 )
Et maintenant ?
l'État Malgache , à propos du Foncier et du mouvement migratoire , parle de " transition Foncière" , donc d'une situation de Statu quo quant à la politique ( le défi ? ) du retour réaliste et rentable vers la Terre dans l'intérêt supérieur de la paysannerie d'abord .
Avec ou sans les aides et les soutiens, nos paysans sillonneront toujours Madagascar à la recherche de bonnes terres , et avec ou sans papier en mains , nos bouviers - nomades traverseront toujours notre pays du Nord au Sud , en longueur d'année pour trouver des pâturages . Par coutume et par tradition .
La migration a plusieurs facettes et à la prochaine page , nous allons décrire les types de migrations ainsi que les modes d'occupation du sol .
Nouvelles du jour de pluie
La pluie est fidèle au rendez vous d'octobre , et depuis hier , elle arrose généreusement le sol et la plante . Les paysans sont bien contents , surtout ceux qui avaient labouré plus tôt leurs terres , en août ou septembre .
" Avec ou sans les sanctions internationales ...les paysans continueront toujours à produire et à vendre leurs produits et leur bêtes " ( 6 )
Enfin , une ONG's collègue avait célébré , avec fierté ses 20 ans d'action de formation paysanne en brousse , la responsable de l'institution , une ingénieur - agronome , en confrontation permanente avec les villageois avoua : " Seuls les paysans uniquement savent leur chemin pour trouver leur avenir..." ( 7 ) Elle fait allusion à la responsabilité et au bon sens dont les paysans - partenaires avaient fait preuve durant leur 20 ans de travail ardu et commun .La notion de co- cheminement avec les villageois est évoquée ici . Marcher ensemble ,.même si chaque personne a son propre destin , "marchons ensemble pour un bout de route... (miara-dia sy miara mandroso foana ).....
Bon Mardi
Bekoto
1) " Atelier sur " Migration intra- régional ou comment réussir une migration ? " 16 Août 2006 . Direction de la Migration . Ex Ministère de l'agriculture .
2 ) " s'entasser en ville " : ce verbe un peu gênant a été utilisé par un ex- responsable du Ministère de 'Agriculture . Mais la migration à Madagascar ne doit pas être en opposition contre la ville . La dérive idéaliste et polico-sentimental du style " vivre heureux et caché en brousse" et haïr les villes n'est pas une bonne approche pour comprendre et réussir un retour à la Terre...car les villages ont toujours besoin des villes et réciproquement .
3) Voir la Table Ronde des Voûtes de Février et notre amie Véronique " la Bretonne " de Tsiroanimandidy . Elle connaît bien la région . Bonjour Véro .
4 ) Bonjour Sophie Moreau de la Table ronde des voûtes aussi . elle possède une importante thèse sur cette région de la Haute Matsiatra .
5 ) Le journaliste - reporter Michel Beuret , de " l'Hebdo" n ° 36 , Septembre 2009 , en Suisse a réalisé un grand reportage intense et précis sur le Foncier à Madagascar . Merci à monsieur Beuret .
6 ) in Hebdomadaire " Lakroa n'i Madagasikara n° 3137. septembre 2209 . ( La Croix de Madagascar )
7 ) FIFATA. Antsirabe . Octobre 2009 .
Des acteurs de développement ( ONG's , Leaders paysans etc...) s'étaient , un jour , réunis , à l'initiative du Fonds Européen sur la Migration pour dégager , ensemble , des pistes d'actions pratiques pour créer des villages . ( 1 ) . Notre titre suggère déjà la louable ambition de ce projet de vouloir déplacer des populations vers les zones difficiles , désertiques , et voire , hostiles . Mais à ce jour , très peu initiative a vu le jour pour " faire de nouveaux villages avec des nouvelles populations " et les Malgaches continuent à s' entasser ( 2 ) dans les villes , ces centres qui sont aussi comme toutes les villes du monde , malades de leur croissance et (ex)croissance . D'après les projections diverses , une explosion démographique est à prévoir en 2025 dans la grande île et les contraintes migratoires seront à prendre au sérieux . D ' où l'atelier sus- cité .
Bref historique de la Migration
Les institutions concernées par le mouvement Migratoire étaient le Ministère de l'agriculture ou celui de l'aménagement des territoires actuellement . Les textes anciens de 1974 sur la migration définissait le rôle de l'État comme suit :
a ) l'État organisait les mouvements migratoires dans les zones définies par avance comme , par exemple , les Zones d'aménagement Foncier ( ZIA ) qui englobent tout le Moyen Ouest de l'île , cet immense plateau que les géographe dénomment la façade Mozambicaine . Les sites officiels destinés aux migrants ( mpifindra - monina) sont :
Ambararatabe ( Lieu des hauts bambous ) à Tsiroanimandidy ( 3 ) ,
Ajoma dans le Vakinankaratra ou
Ihosy dans région de la Haute Matsiatra ( 4 )
etc ...
b )Une enquête socio-économique et foncière était commanditée par le Ministère de tutelle pour les relevées pédologiques afin de savoir les cultures favorables à planter, et pour le calcul de surface à doter par famille ( 5 à 8 Ha /famille en moyenne ) .
c ) Des obligations sont exigées aux volontaires-migrants : " mise en valeur directe , paisible et effectif " ; interdiction de fermage et de métayage des terres octroyées .
Dates- clés
Les Kibboutz - Israéliens et les Coopératives
Avant 1972 , les Israéliens avaient initié des communautés - migratoires à aménager l'espace selon leur propre modèle . Les orangeraies israéliens étaient légendaires à l'époque .
En 1975 , la Direction des réformes agraires , ayant récupérée le projet migratoire , continua dans les sillons tracés par les Kibboutz , mais avec ce rien de doctrinaire et d'enthousiasme militant ( Coopératives Socialistes et révolutionnaires , à l'image du Doujtché Nord Coréen ) .
En 2006 , ce fut le revirement totale de la politique car la libéralisation et la privatisation ont été les nouveaux axes de travail officiel .Des réformes ont été décrétées : suppression des subventions d'État aux migrants ; rôle désormais " passif " de l ' État qui devint , non plus un accompagnateur et un soutien , mais un prestataire de services qui faisait payer ses conseils ; enfin l 'énorme difficulté du service de Migration même ( restructuration tactique selon le jargon ) , donc l'abandon de fait des " Terres sans paysans " .
Enfin , un schéma Directeur de la Migration fut crée afin d'harmoniser des futurs et possibles conflit d'intérêts entre les trois principaux acteurs : l'État et les élus, les opérateurs privés et les paysans- Migrants .
L'orientation de l 'État vers l 'Agro-business et la révolution verte pourra s'interpréter , et d'un , par l'abandon de la politique de soutien à la migration organisée des paysans et , de deux , par le feu vert accordé aux opérateurs privés étrangers ou non qui désireraient s'investir dans le créneau abandonné de l'agriculture .Au fait , des spécialistes soutiennent par ailleurs que " l'agriculture Malgache est un secteur sinistré " . Pour ces experts en développement , ce ne sont pas les mots/chocs et les slogans qui vont leur manquer entre nous .
L'actualité sur le Foncier est encore très agitée en ce moment . A l'exemple de l'affaire Daweo qui défraie toujours les chroniques dans les chaumières et même dans le monde entier . Madagascar avait osé " Chasser le dragon asiatique qui voulait manger leurs terres " selon un journal hebdomadaire Suisse .( 5 )
Et maintenant ?
l'État Malgache , à propos du Foncier et du mouvement migratoire , parle de " transition Foncière" , donc d'une situation de Statu quo quant à la politique ( le défi ? ) du retour réaliste et rentable vers la Terre dans l'intérêt supérieur de la paysannerie d'abord .
Avec ou sans les aides et les soutiens, nos paysans sillonneront toujours Madagascar à la recherche de bonnes terres , et avec ou sans papier en mains , nos bouviers - nomades traverseront toujours notre pays du Nord au Sud , en longueur d'année pour trouver des pâturages . Par coutume et par tradition .
La migration a plusieurs facettes et à la prochaine page , nous allons décrire les types de migrations ainsi que les modes d'occupation du sol .
Nouvelles du jour de pluie
La pluie est fidèle au rendez vous d'octobre , et depuis hier , elle arrose généreusement le sol et la plante . Les paysans sont bien contents , surtout ceux qui avaient labouré plus tôt leurs terres , en août ou septembre .
" Avec ou sans les sanctions internationales ...les paysans continueront toujours à produire et à vendre leurs produits et leur bêtes " ( 6 )
Enfin , une ONG's collègue avait célébré , avec fierté ses 20 ans d'action de formation paysanne en brousse , la responsable de l'institution , une ingénieur - agronome , en confrontation permanente avec les villageois avoua : " Seuls les paysans uniquement savent leur chemin pour trouver leur avenir..." ( 7 ) Elle fait allusion à la responsabilité et au bon sens dont les paysans - partenaires avaient fait preuve durant leur 20 ans de travail ardu et commun .La notion de co- cheminement avec les villageois est évoquée ici . Marcher ensemble ,.même si chaque personne a son propre destin , "marchons ensemble pour un bout de route... (miara-dia sy miara mandroso foana ).....
Bon Mardi
Bekoto
1) " Atelier sur " Migration intra- régional ou comment réussir une migration ? " 16 Août 2006 . Direction de la Migration . Ex Ministère de l'agriculture .
2 ) " s'entasser en ville " : ce verbe un peu gênant a été utilisé par un ex- responsable du Ministère de 'Agriculture . Mais la migration à Madagascar ne doit pas être en opposition contre la ville . La dérive idéaliste et polico-sentimental du style " vivre heureux et caché en brousse" et haïr les villes n'est pas une bonne approche pour comprendre et réussir un retour à la Terre...car les villages ont toujours besoin des villes et réciproquement .
3) Voir la Table Ronde des Voûtes de Février et notre amie Véronique " la Bretonne " de Tsiroanimandidy . Elle connaît bien la région . Bonjour Véro .
4 ) Bonjour Sophie Moreau de la Table ronde des voûtes aussi . elle possède une importante thèse sur cette région de la Haute Matsiatra .
5 ) Le journaliste - reporter Michel Beuret , de " l'Hebdo" n ° 36 , Septembre 2009 , en Suisse a réalisé un grand reportage intense et précis sur le Foncier à Madagascar . Merci à monsieur Beuret .
6 ) in Hebdomadaire " Lakroa n'i Madagasikara n° 3137. septembre 2209 . ( La Croix de Madagascar )
7 ) FIFATA. Antsirabe . Octobre 2009 .
samedi 3 octobre 2009
JEU INTERDIT : Le Fanorona
Le Fanorona : jeu royal .
De la racine " oro" ou Fondation , ce jeu traditionnel a été l'apanage exclusif de la cour Royale et des princes dans les anciens temps ( Fahagola) . Un prince , pour avoir été trop absorbé par le Fanorona , avait perdu son royaume car il avait négligé l'assaut de ses ennemis qui étaient déjà à la porte du village .
Durant l'histoire coloniale , les joueurs de Fanorona entraient en clandestinité pour s'adonner à leur passion et fuir les soldats . Le " Fanorona" était interdit pour maints raisons : oisiveté, attroupement suspect , et jeu intellectuel qui risquerait , selon nos nationalistes purs et durs , de renforcer notre résistance culturelle Malgache face aux cultures étrangères (kolon-tsaina Vazaha)
De Jérusalem à Analamanga
L' historique de ce jeu se perd dans la nuit des Temps . A Jérusalem , sont gravées sur un rocher, des cases du jeu de Fanorona , et les juifs sont encore intrigués par ces cases mystérieuses tracées par ...par qui ?. Et à Jérusalem , c'est un Jeu de Fanoro-tsivy ou jeu à 9 cases que nous pouvons contempler chez les Israéliens et Palestiniens .
D'autres hypothèses avancent aussi que la racine du mot " oro" veut peut être dire : indiquer , orienter (manoro) . Entre indiquer ( manoro ) et fonder ou bâtir ( manorona ) , la traduction extensive du Fanorona serait donc : " indiquer et orienter le jeu pour bâtir une stratégie " ? .
Sinon , une des qualités de ce jeu traditionnel et mystérieux aussi est l'absence d'agressivité ou d'esprit de compétition. Si l'échec ou autres jeux de société déploient une stratégie martiale et redoutable (mort au Roi...je prends ta reine) , le Fanorona n'élimine pas l'adversaire mais le " neutralise " , quitte à l'humilier . Le perdant , dans les anciens temps , devait lécher de sa langue la tablette de jeu sous les rires et les quolibets du village et de la foule amusée .
Fanorona : Jeu paysan
" La finale Nationale du tournoi : " Open fanorona maty siva" ( jeu à neuf cases ) a vu , après deux heures de jeu la victoire de Mahefa , paysan du Vakinankaratra contre Armand de la ville d'Antananarivo ." selon la presse locale d'avant hier .
L'organisateur du tournoi attribua au champion paysan une vache bien grasse offerte par une Ministre , grande admiratrice de ce Jeu de Fanorona " ( 1 )
La Finale s'était passée dans la Capitale la semaine dernière et le match , projeté sur grand écran , avait été même retransmis à la télévision Nationale . A la grande joie des amateurs et des passionnés .
Il y eu même foule et foule devant les écrans de télévision des magasins dont les gérants eux même suivaient passionnément la Finale . le silence quasi-religieux d'une foule concentrée et silencieuse dérouta plus ou moins les étrangers qui me demandèrent une fois " Mais c'est quoi ce jeu ? ". " Le Fanorona monsieur " répondis-je , tout en suivant d'un œil intéressé les feintes et diversions des grands joueurs sur l'écran du magasin Indo-pakistannais .
Les paysans , en effet , se sont bel et bien appropriés ce Jeu des princes . En plus , ils sont les meilleurs actuellement dans la grande île . Le Comité National du Fanorona avait été , vers les années 70 , animé par le Prince Ramanetaka dont un des ancêtres , était le sultan de Zanzibar (2) . On me dit qu'en Afrique , il y aurait aussi des Joueurs de Fanorona . Est ce possible ? Ce " "on-dit" sur le Fanorona Africain m'intrigue sincèrement . A vérifier .
Je sais surtout , d'après le Prince Ramanetaka que le siège International du Fanorona se trouve aux États Unis à Charleston et qu'un Club Mondial est actif en ce moment avec les Japonnais et les Suédois , les Américains et même des Anglais .
Disgression
A propos de la devise de notre Capitale à Iarivo , " Ny arivo lahy tsy maty indray andro " ( on ne peut pas éliminer 1000 soldats en un jour ) , cette devise mérite une réflexion plus pacifiste car le fameux " maty indray andro " ou mourir en une journée , est une figure de Fanorona qui consiste à immobiliser , à neutraliser l'adversaire pour le pousser publiquement à abandonner le jeu . Donc il n'y a rien de belliqueux , ni de militaire dans la devise de notre Capitale . Le débat est ouvert si vous voulez interpréter comme moi cette devise dont la traduction , selon moi , est donc " Tu ne peux pas immobiliser en une journée mille soldats " .
Le fond de sagesse du jeu est : " "Ne jamais humilier son ennemi même si tu as réussi à le ligoter comme un zébu furieux " ( Na tsara fatotra toy ny omby aza ny Fahavalo , aza hadino fa olom belona foana io...fa tsy biby ) .Car un ennemi est avant tout un homme . Comme nous .
Bon week end
Bekoto
PS : la victoire de ce paysan au Fanorona est un évènement presque National en brousse .
Mais nous reprendrons après ce salut au jeu traditionnel l'histoire de la Migration à la prochaine chapitre . Félicitations aa Mahefa l'inamovible champion National de Fanorona .
1) Des centres Cultures étrangères aussi font maintenant la promotion des jeux traditionnels Malgaches .
2) Le Comité Nationale du Fanorona après des moments difficiles durant la Colonisation et pendant tous ces temps de méconnaissance , voire de mépris et d'oubli , retrouve maintenant ses lettres de Noblesse . Le jeu des princes est totalement dominé par les paysans.
Le prince Ramanetaka , le dernier gardien du jeu de Fanorona , peut dormir en Paix .Il désirait entre autres que ce jeu aux origines inconnues qui " reflète une partie de l'âme Malgache " soit populaire et International .
3 ) Conseil : Si vous croisez un jour un Malgache demande lui de vous tracer les cases et les lignes du Fanorona .
De la racine " oro" ou Fondation , ce jeu traditionnel a été l'apanage exclusif de la cour Royale et des princes dans les anciens temps ( Fahagola) . Un prince , pour avoir été trop absorbé par le Fanorona , avait perdu son royaume car il avait négligé l'assaut de ses ennemis qui étaient déjà à la porte du village .
Durant l'histoire coloniale , les joueurs de Fanorona entraient en clandestinité pour s'adonner à leur passion et fuir les soldats . Le " Fanorona" était interdit pour maints raisons : oisiveté, attroupement suspect , et jeu intellectuel qui risquerait , selon nos nationalistes purs et durs , de renforcer notre résistance culturelle Malgache face aux cultures étrangères (kolon-tsaina Vazaha)
De Jérusalem à Analamanga
L' historique de ce jeu se perd dans la nuit des Temps . A Jérusalem , sont gravées sur un rocher, des cases du jeu de Fanorona , et les juifs sont encore intrigués par ces cases mystérieuses tracées par ...par qui ?. Et à Jérusalem , c'est un Jeu de Fanoro-tsivy ou jeu à 9 cases que nous pouvons contempler chez les Israéliens et Palestiniens .
D'autres hypothèses avancent aussi que la racine du mot " oro" veut peut être dire : indiquer , orienter (manoro) . Entre indiquer ( manoro ) et fonder ou bâtir ( manorona ) , la traduction extensive du Fanorona serait donc : " indiquer et orienter le jeu pour bâtir une stratégie " ? .
Sinon , une des qualités de ce jeu traditionnel et mystérieux aussi est l'absence d'agressivité ou d'esprit de compétition. Si l'échec ou autres jeux de société déploient une stratégie martiale et redoutable (mort au Roi...je prends ta reine) , le Fanorona n'élimine pas l'adversaire mais le " neutralise " , quitte à l'humilier . Le perdant , dans les anciens temps , devait lécher de sa langue la tablette de jeu sous les rires et les quolibets du village et de la foule amusée .
Fanorona : Jeu paysan
" La finale Nationale du tournoi : " Open fanorona maty siva" ( jeu à neuf cases ) a vu , après deux heures de jeu la victoire de Mahefa , paysan du Vakinankaratra contre Armand de la ville d'Antananarivo ." selon la presse locale d'avant hier .
L'organisateur du tournoi attribua au champion paysan une vache bien grasse offerte par une Ministre , grande admiratrice de ce Jeu de Fanorona " ( 1 )
La Finale s'était passée dans la Capitale la semaine dernière et le match , projeté sur grand écran , avait été même retransmis à la télévision Nationale . A la grande joie des amateurs et des passionnés .
Il y eu même foule et foule devant les écrans de télévision des magasins dont les gérants eux même suivaient passionnément la Finale . le silence quasi-religieux d'une foule concentrée et silencieuse dérouta plus ou moins les étrangers qui me demandèrent une fois " Mais c'est quoi ce jeu ? ". " Le Fanorona monsieur " répondis-je , tout en suivant d'un œil intéressé les feintes et diversions des grands joueurs sur l'écran du magasin Indo-pakistannais .
Les paysans , en effet , se sont bel et bien appropriés ce Jeu des princes . En plus , ils sont les meilleurs actuellement dans la grande île . Le Comité National du Fanorona avait été , vers les années 70 , animé par le Prince Ramanetaka dont un des ancêtres , était le sultan de Zanzibar (2) . On me dit qu'en Afrique , il y aurait aussi des Joueurs de Fanorona . Est ce possible ? Ce " "on-dit" sur le Fanorona Africain m'intrigue sincèrement . A vérifier .
Je sais surtout , d'après le Prince Ramanetaka que le siège International du Fanorona se trouve aux États Unis à Charleston et qu'un Club Mondial est actif en ce moment avec les Japonnais et les Suédois , les Américains et même des Anglais .
Disgression
A propos de la devise de notre Capitale à Iarivo , " Ny arivo lahy tsy maty indray andro " ( on ne peut pas éliminer 1000 soldats en un jour ) , cette devise mérite une réflexion plus pacifiste car le fameux " maty indray andro " ou mourir en une journée , est une figure de Fanorona qui consiste à immobiliser , à neutraliser l'adversaire pour le pousser publiquement à abandonner le jeu . Donc il n'y a rien de belliqueux , ni de militaire dans la devise de notre Capitale . Le débat est ouvert si vous voulez interpréter comme moi cette devise dont la traduction , selon moi , est donc " Tu ne peux pas immobiliser en une journée mille soldats " .
Le fond de sagesse du jeu est : " "Ne jamais humilier son ennemi même si tu as réussi à le ligoter comme un zébu furieux " ( Na tsara fatotra toy ny omby aza ny Fahavalo , aza hadino fa olom belona foana io...fa tsy biby ) .Car un ennemi est avant tout un homme . Comme nous .
Bon week end
Bekoto
PS : la victoire de ce paysan au Fanorona est un évènement presque National en brousse .
Mais nous reprendrons après ce salut au jeu traditionnel l'histoire de la Migration à la prochaine chapitre . Félicitations aa Mahefa l'inamovible champion National de Fanorona .
1) Des centres Cultures étrangères aussi font maintenant la promotion des jeux traditionnels Malgaches .
2) Le Comité Nationale du Fanorona après des moments difficiles durant la Colonisation et pendant tous ces temps de méconnaissance , voire de mépris et d'oubli , retrouve maintenant ses lettres de Noblesse . Le jeu des princes est totalement dominé par les paysans.
Le prince Ramanetaka , le dernier gardien du jeu de Fanorona , peut dormir en Paix .Il désirait entre autres que ce jeu aux origines inconnues qui " reflète une partie de l'âme Malgache " soit populaire et International .
3 ) Conseil : Si vous croisez un jour un Malgache demande lui de vous tracer les cases et les lignes du Fanorona .
vendredi 25 septembre 2009
ACTEURS DU MONDE RURAL : Les Migrants ( 1)
Introduction
Le mouvement migratoire interne dans la grande île fait partie de notre héritage socio- historique , et dicte profondément nos us et coutumes . Les proverbes ou les dictons populaires prolifèrent pour désigner cet état de " nomadisme" permanent chez les Malgaches . Le nomadisme Malgache est aussi une des formes vivante de notre civilisation . Le mouvement n'est- il pas aussi la vie ? Malgaches en éternel Ballade ? ( Gasy lava tongotra)
Salama et Bonjour à ces compatriotes Malgaches d' Athènes , de Vancouvert , de Johannesbourg , de Tokyo , de New York , de Moroni ou d 'Aden etc ...
Mitady ravin'ahitra
" Chercher ses pâturages ailleurs " . Ce dicton qui convient justement au bouvier nomade Antandroy emmenant ses zébus dans les espaces lointains et inconnus , est devenu le " parler " courant , même en ville . Et il s'applique aussi à la personne qui va quitter son village ou son foyer pour chercher du travail ailleurs (comme le troupeau , des nouvelles herbes à brouter )
Mitsakaraka sy miremby
" Voyager pour trouver le mieux et pour chercher le bien " . Ainsi pourrait se résumer les deux verbes sus citées . On dit aussi , et c'est le titre d'une émission populaire d'une station de radio privée , " mandehandeha mahita raha " ( celui qui voyage découvre )
Les peuples - migrants
Par ordre d'importance , le mouvement migratoire concernent surtout ces peuples suivants :
Les Antenosy et Antesaka . ( Ceux du sud-est et de l'extrême sud)
Les Vakinankaratra ( ceux dont la région est dominé par le Massif de l'Ankaratra )
Les Merina ( ceux des Hautes Terres centrales )
Les betsileo ( Ceux qui sont les maîtres , en nombre , du ciel et de la Terre . ( 1 )
Les Antandroy ( ceux qui vivent dans les épineux )
Ses peuples ont , plus que les 18 ou plus autres peuples , pour tradition les voyages et la recherche de travail partout ailleurs dans ce monde car " izay mahavelona dia Tanindrazana daholo " Le pays ou le village qui te font vivre seront toujours une patrie nourricière .
Parole de marins
Un jour , des marins Bretons m'avaient interpellé sur la question comparative de la mer et de la Terre .
"Pourquoi vous n'aviez pas une flotte nationale ? pourtant les Malgaches sont des bons marins"(2)
Cette question m'avait bien intrigué .Comme les énigmatiques statues des îles Fidji qui ont tourné le dos à la mer , nous aussi , des Hautes Terres surtout , nous avions oublié l'océan et la mer d' où nos ancêtres-nomades- marins avaient pourtant débarqué un beau jour ou un soir . Il y avait 2 000 ans ? .
Quand les Bretons ont vu et deviné avec moi l'immensité des paysages composés de nos vastes plateaux et profondes vallées silencieuses , alors , sentencieusement, ils ont conclu eux même : " Les paysans sont un peu comme nous les marins Bretons . la dureté du travail de la Terre ou de la pêche en haute mer nous ont conseillé de respecter le silence ...car , marins ou paysans , Parler c'est agir , selon l'adage marin . " Nous on n'a pas de cimetière...on a la mer ". Cette belle chanson marine me passe dans l'esprit comme le vent du large qui semble inviter à un voyage vers l'inconnu de l'aventure .
Merci et bon vendredi .
bekoto
1) la désignation historique de ce peuple est " betsileo eran-tany eran-danitra " selon l ' Académicien Rainihifina , mais pour des commodités administratives , l'ancienne administration coloniale ne devait retenir que le nom Betsileo . Jusqu'à ce jour . Le pouvoir de tronquer ou de déformer les noms de l'autre , cet étranger .
2) Des marins de l ' île de Groix sont un jour passé dans les villages de Hautes Terres . Mes amitiés " au cailloux et à sa population marine " de Groix .
Prochain chapitre : la Migration intra- régionale à Madagascar .
Il y a en effet une extrême mobilité des Malgaches sur tout le territoire , une mouvance dont le parcours et les itinéraires sont à la fois complexes et logiques . Migrer n'a jamais été une aventure sans nom . C'est un plan de vie .
Le paysan prépare minutieusement d'avance sa feuille de route même si la destination est à des centaines de kilomètres de son village . Et ce qui provoque souvent des malentendus historiques graves c'est le fait d'affirmer , tout de go , que la grande île est déserte , inoccupée . Donc disponible .
Vu d'avion bien sûr , Madagascar semble inhabité . Mais ... à suivre .
Le mouvement migratoire interne dans la grande île fait partie de notre héritage socio- historique , et dicte profondément nos us et coutumes . Les proverbes ou les dictons populaires prolifèrent pour désigner cet état de " nomadisme" permanent chez les Malgaches . Le nomadisme Malgache est aussi une des formes vivante de notre civilisation . Le mouvement n'est- il pas aussi la vie ? Malgaches en éternel Ballade ? ( Gasy lava tongotra)
Salama et Bonjour à ces compatriotes Malgaches d' Athènes , de Vancouvert , de Johannesbourg , de Tokyo , de New York , de Moroni ou d 'Aden etc ...
Mitady ravin'ahitra
" Chercher ses pâturages ailleurs " . Ce dicton qui convient justement au bouvier nomade Antandroy emmenant ses zébus dans les espaces lointains et inconnus , est devenu le " parler " courant , même en ville . Et il s'applique aussi à la personne qui va quitter son village ou son foyer pour chercher du travail ailleurs (comme le troupeau , des nouvelles herbes à brouter )
Mitsakaraka sy miremby
" Voyager pour trouver le mieux et pour chercher le bien " . Ainsi pourrait se résumer les deux verbes sus citées . On dit aussi , et c'est le titre d'une émission populaire d'une station de radio privée , " mandehandeha mahita raha " ( celui qui voyage découvre )
Les peuples - migrants
Par ordre d'importance , le mouvement migratoire concernent surtout ces peuples suivants :
Les Antenosy et Antesaka . ( Ceux du sud-est et de l'extrême sud)
Les Vakinankaratra ( ceux dont la région est dominé par le Massif de l'Ankaratra )
Les Merina ( ceux des Hautes Terres centrales )
Les betsileo ( Ceux qui sont les maîtres , en nombre , du ciel et de la Terre . ( 1 )
Les Antandroy ( ceux qui vivent dans les épineux )
Ses peuples ont , plus que les 18 ou plus autres peuples , pour tradition les voyages et la recherche de travail partout ailleurs dans ce monde car " izay mahavelona dia Tanindrazana daholo " Le pays ou le village qui te font vivre seront toujours une patrie nourricière .
Parole de marins
Un jour , des marins Bretons m'avaient interpellé sur la question comparative de la mer et de la Terre .
"Pourquoi vous n'aviez pas une flotte nationale ? pourtant les Malgaches sont des bons marins"(2)
Cette question m'avait bien intrigué .Comme les énigmatiques statues des îles Fidji qui ont tourné le dos à la mer , nous aussi , des Hautes Terres surtout , nous avions oublié l'océan et la mer d' où nos ancêtres-nomades- marins avaient pourtant débarqué un beau jour ou un soir . Il y avait 2 000 ans ? .
Quand les Bretons ont vu et deviné avec moi l'immensité des paysages composés de nos vastes plateaux et profondes vallées silencieuses , alors , sentencieusement, ils ont conclu eux même : " Les paysans sont un peu comme nous les marins Bretons . la dureté du travail de la Terre ou de la pêche en haute mer nous ont conseillé de respecter le silence ...car , marins ou paysans , Parler c'est agir , selon l'adage marin . " Nous on n'a pas de cimetière...on a la mer ". Cette belle chanson marine me passe dans l'esprit comme le vent du large qui semble inviter à un voyage vers l'inconnu de l'aventure .
Merci et bon vendredi .
bekoto
1) la désignation historique de ce peuple est " betsileo eran-tany eran-danitra " selon l ' Académicien Rainihifina , mais pour des commodités administratives , l'ancienne administration coloniale ne devait retenir que le nom Betsileo . Jusqu'à ce jour . Le pouvoir de tronquer ou de déformer les noms de l'autre , cet étranger .
2) Des marins de l ' île de Groix sont un jour passé dans les villages de Hautes Terres . Mes amitiés " au cailloux et à sa population marine " de Groix .
Prochain chapitre : la Migration intra- régionale à Madagascar .
Il y a en effet une extrême mobilité des Malgaches sur tout le territoire , une mouvance dont le parcours et les itinéraires sont à la fois complexes et logiques . Migrer n'a jamais été une aventure sans nom . C'est un plan de vie .
Le paysan prépare minutieusement d'avance sa feuille de route même si la destination est à des centaines de kilomètres de son village . Et ce qui provoque souvent des malentendus historiques graves c'est le fait d'affirmer , tout de go , que la grande île est déserte , inoccupée . Donc disponible .
Vu d'avion bien sûr , Madagascar semble inhabité . Mais ... à suivre .
vendredi 18 septembre 2009
ACTEURS DU MONDE RURAL : Les Migrants
Introduction
La fonction de Blogpaysan est d'être d'abord informative . Ensuite de servir de relais pour les nouvelles provenant de tous les acteurs de base ( Migrants ou Mpifindra - monina , développeurs , Chercheurs , etc ... ) .
lettre du paysan-Migrant .
je vous restitue une lettre de l'année 2009 , deux ans déjà , qu'un paysan pisciculteur publia dans un journal trimestriel qui est "ami " de notre Blog (1) .
"Mon nom est Rakotoarivelo . J'habite dans le quartier de BERONONO ( où le lait est abondant) de la commune rurale d'Ankazomiriotra , district de Betafo ( c'est le fameux Moyen Ouest , zone sous peuplé avec moins de 50Ha/km2 et des immenses espaces non exploités)
Je suis à la fois alevineur et grossiste de poissons . Mes parents étaient pisciculteurs . Lorsqu'ils n'avaient plus la possibilité de financer mes études , j'ai décidé de les aider à la ferme . J'ai pratiqué plusieurs types d'élevage ( aviculture ou poules , élevage de porcs) pour pouvoir payer mes frais de scolarité . Et j'ai choisi les poissons ( pisciculture ) car cette activité me semble rentable .
A Ankazomiriotra ( sur la route de Morondava , la National 35) , nous avions , avec les autres paysans, formé une association de pisciculteurs .
Nous vendons les alevins à partir du mois de septembre jusqu'en Février . Dans les différents endroits que nous avions parcouru pour écouler nos petits poissons (zana- trondronay) , nous avions constaté qu'il exsiste beaucoup de terrains où il est possible de faire " du poisson". Il y a , en effet une énorme potentialité dans ces espaces " que l'œil n'arrive pas à embrasser d'un seul coup"( Tany midadasika tsy taka-maso) .
Notre association apportent aussi des conseils aux autres éleveurs de poissons pour leur éviter de faire des mauvais rendements ( Sao dia tsa mamely ny vokatra trondro) .
J 'ai décidé de chercher un grand terrain pour pratiquer le grossissement des poissons (manatavy trondro) et pouvoir fournir des alevins à des paysans de la Commune d'Anjoma-Ramartina où j'ai enfin trouvé de très grandes terres .
En Juillet 2007 , avec 10 autres personnes , nous avions migré ( nifindra monina izahay) dans le hameau de Morafeno ( 2 ) .
Cet endroit , par ailleurs est riche en or , c'est là qu'il y a le comptoir de l'or de l 'État . Il y a déja 500 familles qui se sont implantées dans ce hameau de Morafeno .
Nous avions crée une association paysanne avec les autres migrants , FITAM ( Fikambanan'ny tantsaha miavo-tena ) , ou Association pour la sauvegarde des paysans ) . Nous incitons les autres à faire des poissons.
Pour la saison 2008-2009 , une parcelle de 2 ,5Ha a été mise en valeurs avec 23 000 alevins .
A présent nous cherchons des débouchés pour nos carpes dont le poids moyen est de 700g ( 3 ) .
J'appelle tous les paysans de Madagascar à pratiquer le pisciculture . Cet élevage ne nécessite pas trop de travail et n'exige pas aussi de fonds énormes .
Le marché du poissons aussi n'est pas encore saturé . Merci bien . "
Commentaires : Paysage des Hautes Terres , route de Fianarantsoa , nationale 7 . Le village des migrants est là haut , accroché sur le flanc de la butte collinaire . L'irrigation des rizière est bien maîtrisée dans la petite vallée .
Notes
1) La voix des pisciculteurs . Apdra . Antenne Madagascar . Mai 2009 . n : 12
2) Morafeno fait partie de la ZAF ou Zone d'aménagement Foncier , lieu destiné à la Migration .
3) J'adore , entre nous , la Carpe à la Madeleine , ou à la mayonnaise si vous voulez
PS : A travers cette lettre du paysan migrant , notre prochain chapitre traitera de l'Histoire de la Migration à Madagascar . Vaste sujet sur les Terres sans paysans ou les paysans sans Terres .
Comment en effet réussir une migration ? Pourquoi les mouvements de population vers les grandes espaces en friche ont-ils plus ou moins réussi dans leur implantation ? Pourquoi le retour à la Terre , par delà le romantisme politique du projet , n'est pas évident ?
Bon week end
Bekoto
samedi 12 septembre 2009
COMMUNES RURALES ( 3 ) : Offensive paysanne
Joli Samedi
Nous nous retrouverons le Samedi ( asabotsy mifankahita ) . Car le Samedi est le jour du grand Marché paysan ici à Antsirabe . Ce matin le Maire d'Anosiarivo Manapa m'a invité et m'a ramené aussi des bonnes nouvelles de sa commune rurale .Sinon , il fait très beau et l'hiver tropical est bel et bien parti .
Le Fond de Développent local ( FDL) arrive et nos communes , 660 communes sur les 1 548 , ont toutes reçus leurs aides financières prévues ( 9 000 000 Ar par communes ou 600 Euro environ) . ces aides financières serviront à des travaux socio- économiques ( entretien des pistes charretières etc...) et 1 125 000 personnes en seront bénéficiaires . Le reste des communes non servies attendront la 2 ème tranche du FDL . Les paysans en auront grand besoin car il faut maintenant travailler la terre en vue des grandes pluies d 'Octobre ( 70% de la culture chez nous sont pluviales ).
Offensive Paysanne
Le Maire m'a remis un grand projet d'extension des surfaces cultivables dans la Commune.
1. Vary anatirano........840Ha ( Riz irrigué)
2 Vary an-tanety.......490Ha ( Riz pluvial sur les versants de collines)
3 Katsaka na Ampenba... 580 Ha ( Maïs ou mil )
4 Fambolena Hazo ......... 38 Ha ( reboisement )
Une liste de 14 Associations paysannes m'a aussi été remis par Monsieur Rabary , notre Maire Charretier .
Ces associations regroupent 450 familles et chaque famille a le devoir de fournir chacun 10 Charretées de fumier animale ou du compost . Une charrette équivaut à 200 Kg . La structuration du monde rural est plus efficace si ce sont les paysans eux même qui conçoivent et réalisent le processus d'auto - structuration .
Foncier
Concernant le certificat Foncier , car la commune avait commencé à distribuer les Terres en raison de 8Ha par famille , le Maire m'avoua que la majorité des paysans n'a pas assez d'argent pour payer le droit d'un certificat Foncier qui est de 27 000 Ar ( environ 2 Euros ) . Sur une population de 15 600 personnes , seul 10% ont pu s'acquitter du droit sur le certificat .
Ce chapitre n'est pas du tout une demande d'aide , ni un appel . C'est juste pour expliquer qu'ailleurs , en ville surtout , le climat socio-politique et la pression socio-médiatique troublent tout le monde . Et qu'en brousse , la lutte pour la vie du village continue . Sans tapage , ni bruits.
Bon week- end
bekoto
PS : J'envisage d'aller voir ces paysans début Octobre . Pour les saluer de vive voix pour leur ténacité et leur pragmatisme
Nous nous retrouverons le Samedi ( asabotsy mifankahita ) . Car le Samedi est le jour du grand Marché paysan ici à Antsirabe . Ce matin le Maire d'Anosiarivo Manapa m'a invité et m'a ramené aussi des bonnes nouvelles de sa commune rurale .Sinon , il fait très beau et l'hiver tropical est bel et bien parti .
Le Fond de Développent local ( FDL) arrive et nos communes , 660 communes sur les 1 548 , ont toutes reçus leurs aides financières prévues ( 9 000 000 Ar par communes ou 600 Euro environ) . ces aides financières serviront à des travaux socio- économiques ( entretien des pistes charretières etc...) et 1 125 000 personnes en seront bénéficiaires . Le reste des communes non servies attendront la 2 ème tranche du FDL . Les paysans en auront grand besoin car il faut maintenant travailler la terre en vue des grandes pluies d 'Octobre ( 70% de la culture chez nous sont pluviales ).
Offensive Paysanne
Le Maire m'a remis un grand projet d'extension des surfaces cultivables dans la Commune.
1. Vary anatirano........840Ha ( Riz irrigué)
2 Vary an-tanety.......490Ha ( Riz pluvial sur les versants de collines)
3 Katsaka na Ampenba... 580 Ha ( Maïs ou mil )
4 Fambolena Hazo ......... 38 Ha ( reboisement )
Une liste de 14 Associations paysannes m'a aussi été remis par Monsieur Rabary , notre Maire Charretier .
Ces associations regroupent 450 familles et chaque famille a le devoir de fournir chacun 10 Charretées de fumier animale ou du compost . Une charrette équivaut à 200 Kg . La structuration du monde rural est plus efficace si ce sont les paysans eux même qui conçoivent et réalisent le processus d'auto - structuration .
Foncier
Concernant le certificat Foncier , car la commune avait commencé à distribuer les Terres en raison de 8Ha par famille , le Maire m'avoua que la majorité des paysans n'a pas assez d'argent pour payer le droit d'un certificat Foncier qui est de 27 000 Ar ( environ 2 Euros ) . Sur une population de 15 600 personnes , seul 10% ont pu s'acquitter du droit sur le certificat .
Ce chapitre n'est pas du tout une demande d'aide , ni un appel . C'est juste pour expliquer qu'ailleurs , en ville surtout , le climat socio-politique et la pression socio-médiatique troublent tout le monde . Et qu'en brousse , la lutte pour la vie du village continue . Sans tapage , ni bruits.
Bon week- end
bekoto
PS : J'envisage d'aller voir ces paysans début Octobre . Pour les saluer de vive voix pour leur ténacité et leur pragmatisme
vendredi 11 septembre 2009
HISTOIRE ANIMALE ( 5 ) : Ala be ou l'araignée d'or
Commentaires : Pistil de poirier retenu et accroché à un fil d'araignée . Septembre 2009 . Jardin de ma grand mère ( Nenibe ) .Village d'Ambohijanaka . Atsimondrano . Tana .
Ala be ( nephila madagascariensis )
Les petits bouviers des Hautes Terres connaissent bien cette grosse araignée qui n'a d'agressif que sa redoutable apparence . Elle est tâchée de blanc sur les pattes et sur le dos de l'abdomen et elle est énorme . Si tu le tiens dans la paume de la main , le ala be occupera facilement une surface de 10 cm . Elle est aussi comestible mais il faut la dévider de sa belle soie qui gonfle son abdomen . Les petits vachers sont des spécialistes en la matière : " prendre la plus grande de ces araignées qui vivent en colonie dans la sombre frondaison des eucalyptus ..Presser l'abdomen du Ala be pour qu'un bout du fil en sort par son trou postérieur ...enrouler et embobiner la soie avec un bout de bois ...tu peux déjà obtenir un long fil doré de un à deux mètres...sinon ,tu fais griller au feu de bois cette araignée . Elle a juste ce goût de crustacé et ce soupçon de beurre rancie ."
Historique de la Soie du Ala be
" Les anciens trouvaient dans cette araignée une source naturelle de soie animale d'une couleur d'or et d'une résistance sans pareil . Nos ancêtres tissaient des fines broderies avec et en faisaient des parures pour décorer et embellir leurs vêtements " ( 1 )
Une de mes grand mère m'avait parla aussi raconter en détails sa façon , quand étant enfant en 1896 , elle tramait ce fil d'or d'araignée et elle me précisa , avec humour , que la soie était si beau que des étrangers ( Vazaha) , à son époque avaient crû naïvement que c'était réellement tissu avec des fils en métal d' or .
Un vazaha voulait même lui échanger son cheval contre son morceau de tissus en fil d'araignée que ma grand mère avait confectionné . Mais elle avait refusé le troc car elle n'aimait pas le cheval et que son ouvrage n'avait pas surtout de prix ( tsy misy vidiny io lamba io ).
Ce fil avait attiré l'intérêt des Français au début du siècle . Une machine à filature spéciale fut alors fabriquée pour tisser ce fil de l'araignée ala be . Un kilomètre de fil avait été produit chaque jour . La machine à tisser le toile d'araignée fut dirigée vers les villages où abondaient le ala be .
En 1900 , un échantillon , ou plus précisément une pièce entière de plusieurs mètres avait pu être envoyé à Paris pour l'exposition Universelle , la fameuse exposition Coloniale . " l 'incomparable éclat d'or du tissu et son extrême résistance fascina les visiteurs et les autorités de la Foire coloniale ..." ( 2 )
Culture du soie d'araignée : un avenir en or ?
Mais l'exploitation industrielle de la soie d'araignée s'avéra non rentable et le bombyx du murier a été introduit dans les villages . Le landy ( soie du paillon Bombyx ) remplaça peu à peu l'exploitation de l'araignée d'or .
Avant hier , Mercredi 9 septembre 2009 , " Une artiste étrangère avec des artistes Malgaches vont réaliser un projet culturel et artistique baptisé : la toile d'araignée de Madagascar " Les créations et tableaux seront réalisés avec du fil de soie du ala be , ces araignées endémiques à Madagascar ".C'est une soie luxueuse très douce qui mérite d'être connue "soutiennent nos artistes.
Cet article de presse m'a interpellé car ce retour aux sources dans l'histoire de la soie sauvage , dont celle de la soie de l'araignée d'or , est un retour vers le précieux et le beau aussi ....
A ce niveau de création à base de fil d'araignée , la préciosité et la délicatesse de travail révèlent presque du fabuleux et du magique
il faut être un peu Malgache pour comprendre que les Anciens , en fait , savaient tout . A nous maintenant de retrouver la mémoire oubliée , le passé égaré .
Pour un avenir en or mais ô combien fragile comme un tableau conçu en fil d'araignée .
Bonne journée
Bekoto
1) Jeanne Rasoanasy . Archiviste et Historienne
2 ) - Idem -
3 ) Merci pour nos artistes de la soie d'araignée . Mais je vous conseille de prendre des notes dans nos villages ou auprès des petits vachers qui grillent et croquent du ala be comme goûter . bon appétit chers artistes ou plutôt , bon ouvrage . C'est une magnifique programme que la vôtre . En 2010 donc pour la contemplation de vos chef d'œuvres .
mardi 1 septembre 2009
FONCIER ( 12 )
Droit de la bêche
Le Lafim-pangady ( Droit de la bêche) a été évoqué, pathétiquement , par les paysans expulsés de leurs villages et rizières dans le Fokontany ( cellule administrative de base ) d' Andilanomby , District de Mahatsinjo , Région d ' Alaotra Mangoro . Et l'affaire datant de 2007 refait surface .
Le Lafim-pangady ( Droit de la bêche) a été évoqué, pathétiquement , par les paysans expulsés de leurs villages et rizières dans le Fokontany ( cellule administrative de base ) d' Andilanomby , District de Mahatsinjo , Région d ' Alaotra Mangoro . Et l'affaire datant de 2007 refait surface .
Les Faits
" Plus d'une centaine de familles , déjà constituée en clans , avait habité et mise en valeur environ 200Ha de Terres. Et ce , depuis 1900 . Ces paysans - pêcheurs de la population Sihanaka ou habitants du Lac étaient bien implantés et avaient construit leur tombeau , un signe d'appropriation absolue de la Terre ." Nous avions été le premiers à avoir bêché ces terres " ( lafim-pangasinay ity Tany ity )
Pourtant , sans en avoir été avertis ou informés de leur situation " d'illégalité " , car ils - les paysans du Lac , n'avaient ni titré , ni cadastré leurs terres Claniques , tiers personne avait ainsi cadastré en son nom et en catimini , leurs terres et avait ensuite revendu les titres à une société agricole , une multi-nationale en plus .
Coup classique et presque caricatural du malin/lettré de la ville contre l'ignorant/illettré des marais d ' Alaotra .
Le Lac Alaotra est le théatre de ce conflit fermé et sournois .
Ce grand lac de moins de 200 Km2 de la Région est considéré comme le premier grenier à riz de Madagascar avec ses 30 000 Ha de rizières irriguées .Mais ce litige d 'Andilanomby est actuellement totalement occulté par l'actualité chaotique et les discours contradictoires des politiques . Une radio privée avait diffusé l'interview des familles expulsées et révoltées hier le 1 Septembre .
Le côté bizarre , à propos de ces affaires Foncières ici chez nous , est que ces litiges récurrents avait tous débuté en 2005 ( date de la réforme Foncière ) pour évoluer graduellement , comme un chapelet , en 2006 , 2007 et 2008 .Cette dernière année là étant celui du phénomène Daweo qui fut un peu le point fort du malentendu Foncier .
Les paysans du lac Alaotra avaient argumenté , à propos de leur occupation historique , avec le droit de la bêche ( Lafim-pangady) ou le Droit d'usage traditionnel car c'est leur Tanin-drazana '(Terres de nos ancêtres ) . Droit Non - écrit et informel ." Ce sont les terres de nos ancêtres , ils dorment là bas dans leur demeure éternelle , à l'ouest du village " ( tanindrazanay ity , matory ao an- drefa-tànana io ireo razanay)
Les paysans du lac Alaotra avaient argumenté , à propos de leur occupation historique , avec le droit de la bêche ( Lafim-pangady) ou le Droit d'usage traditionnel car c'est leur Tanin-drazana '(Terres de nos ancêtres ) . Droit Non - écrit et informel ." Ce sont les terres de nos ancêtres , ils dorment là bas dans leur demeure éternelle , à l'ouest du village " ( tanindrazanay ity , matory ao an- drefa-tànana io ireo razanay)
Le Tribunal avait tranché , en 2007 , le litige et avait ordonné l'expulsion des villageois en 2008 , au bénéfice de la Société . Sauf que la situation politique du moment avait tant perturbée le programme d'exploitation de la Société en question que nos paysans en avaient bien profité de l'opportunité pour interpeller maintenant l'opinion public et les médias sur cette affaire de " spoliation "légale" , si vous permettez ce mot impropre .
Il est à prévoir que des histoires de ce genre sont légions actuellement .C'est à dire les " affaires Foncières" .
Foires Paysannes
Par ailleurs , toujours dans la magnifique Région du Lac Alaotra , une Foire Agricole battait son plein depuis une semaine . La récolte avait été excellente cette année . D'autres contrées en brousse firent de mëme leurs propres foires paysannes en étalant , avec orgueil , tous les bons produits de la terre (énormes patates douces , riz rouge , manioc des alluvions , ...) . C'est aussi une bonne saison pour les fêtes populaires et les soirées dansantes en brousse . L'abondance est là . la musique folklorique aussi .
Malaise Foncier
Un autre conflit foncier celui d' Ankorondrano- Analavory dans les Hautes Terres , survenu le 11 Août 2006, me revient en mémoire et laisse planer une inquiétude légitime sur l'avenir de nos paysanneries en colère .
Il est à prévoir que des histoires de ce genre sont légions actuellement .C'est à dire les " affaires Foncières" .
Foires Paysannes
Par ailleurs , toujours dans la magnifique Région du Lac Alaotra , une Foire Agricole battait son plein depuis une semaine . La récolte avait été excellente cette année . D'autres contrées en brousse firent de mëme leurs propres foires paysannes en étalant , avec orgueil , tous les bons produits de la terre (énormes patates douces , riz rouge , manioc des alluvions , ...) . C'est aussi une bonne saison pour les fêtes populaires et les soirées dansantes en brousse . L'abondance est là . la musique folklorique aussi .
Malaise Foncier
Un autre conflit foncier celui d' Ankorondrano- Analavory dans les Hautes Terres , survenu le 11 Août 2006, me revient en mémoire et laisse planer une inquiétude légitime sur l'avenir de nos paysanneries en colère .
La plupart des expulsés de la région du lac durent se reconvertir en charpentiers , en chauffeurs de taxi brousse et pour les femmes , en main d'oeuvre saisonniers ou en bonne de maison en ville. Le problème malgache sera humanitaire penserez vous ? Il faudra reloger les enfants des paysans dans les centres d'accueil en ville ?
L' affaire d ' Ankorondrano dans les Hautes Terres , par exemple , avait occasionné des dégats humains , il y eu 3 personnes tuées et 13 condamnantions à mort contre les familles paysannes insurgées qui ne voulaient pas , eux aussi , abandonner leurs villages , ces lieux de vie . i Et il y eu une expulsion manu militari .
Ce mëme scénario d 'Ankorondrano-Analavory ressemble étrangement à celui des paysans du lac Alaotra maintenant .
Ce mëme scénario d 'Ankorondrano-Analavory ressemble étrangement à celui des paysans du lac Alaotra maintenant .
Les paysans du lac Alaotra acculés , quant à eux , ont averti et la Société/adversaire et le Tribunal qu'ils refusent de quitter leurs villages du Lac . ils sont décidés de s'opposer par tous les moyens pour recouvrir leur " Droit de la bêche " . D'ailleurs , ils ne savent plus où aller pour refaire une nouvelle vie .
Je pars à Ambatondrazaka , dans cette région de grand lac demain pour d'autres affaires .
J'espère voir et entendre surtout la voix des Paysans des roseaux ( zetra) pour vous les faire entendre bien sûr . Hier je n'avais entendu à la Radio que la voix d'une bonne mère de famille , une voix décidée , scandalisée mais si fière . " Pourquoi toujours vouloir nous duper comme cela , nous les petits paysans analphabètes et trop simplets?" ( maninona kay no fitahana foana izahay Tantsaha kely badobado sy tsa mahay taratasy )
A suivre
Bonne nuit à tous et toutes
Je pars à Ambatondrazaka , dans cette région de grand lac demain pour d'autres affaires .
J'espère voir et entendre surtout la voix des Paysans des roseaux ( zetra) pour vous les faire entendre bien sûr . Hier je n'avais entendu à la Radio que la voix d'une bonne mère de famille , une voix décidée , scandalisée mais si fière . " Pourquoi toujours vouloir nous duper comme cela , nous les petits paysans analphabètes et trop simplets?" ( maninona kay no fitahana foana izahay Tantsaha kely badobado sy tsa mahay taratasy )
A suivre
Bonne nuit à tous et toutes
Bekoto
PS : La prochaine page traitera d'abord d'une Histoire animale : " L'araignée d'or ou le Ala be " . Nous verrons après sur les villages du Lac et leurs problèmes .
PS : La prochaine page traitera d'abord d'une Histoire animale : " L'araignée d'or ou le Ala be " . Nous verrons après sur les villages du Lac et leurs problèmes .
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