mercredi 29 avril 2009

LES COMMUNES RURALES ( 2 ) : OPCI

L ' INTERCOMMUNALITE
"C'est dans le cadre de l'Organisation Publique de Coopération Intercommunale que le regroupement ou " grappe" de communes ...." doivent se concerter afin d' élaborer leur plan de Développement d 'ensemble. ces regroupements en sont pour l'instant au stade expérimental , soulignait les experts (1)
Par delà la définition , la narration de cette expérience est basée sur une pratique personnelle avec les villageois (2)
L ' OPCI de 4 A MANDROSO
Le 03 Décembre 2004 a été crée par le conseil des Maires ruraux l'OPCI dénommé 4 A . MANDROSO . Sa création, conforme à a constitution etc....
En sont membres les Communes suivantes :
Alarobia Bemaha, Alakamisy Marososona, Anosiarivo Manapa (3) , et Andriambesoa . Les 4 A proviennent des "A " tout court des noms des communes rurales. J'avais dû, avec les Maires refaire une autre monographie plus large à l 'attention des autorités compétentes afin de négocier les Projets de Développement ..monographie en langue Française bien sûr .
Monographie succinte
Géographie
altitude moyenne : 1 800 mètres
Climat tropical d altitude , existence de micro - climat favorable aux cultures tempérées (blé, seigle, fruits)
Vallées fluviales larges et inexploitées (1 000 ha à Manapa par exemple)
Cultures alluvionnaires (baiboho) possibles sur 4 000 Ha le long du fleuve Mania
Infrastrucures de base
Couverture sanitaire faible : 2 Centres de soin de base ou dispensaire avec infirmerie . 2 autres avec 2 docteurs
La sécurité est assurée par un poste de la gendarmerie à BEMAHA et par 125 paysans membres du quartier mobile ou milice villageois. Le FOKONOLONA gère sa propre sécurité dans les endroits isolés comme Andriambesoa.
Les communes ont besoin d 'environ 220 Km de piste charretière pour usage interne , et 770 km de pistes pour les relations intercommunales .Les produits des récoltes sont évacués par charrettes ou à dos d ' hommes . un homme porte 30 kg , une femme , 20 kg et un enfant 5 à 10 kg s'il est costaud (matanjaka ny zaza)
Economie villageoise
Surface totale de l ' OPCI : 7789 , 7 Km2
Population : 44 304 habitants dont 22 875 ont moins de 18 ans
Densité : moins de 50hab/km2 . Classement : ZONE ROUGE et Insécurité permanente .
90% de la population sont dans l ' Agro - élevage
Surfaceroblèmes de l ' OPCI rizicole totale : 397 806 Ha
Produits miniers : cristal , tourmaline , geryl , Quartz , Rhodizite ( 4 ) , or . L'exploitation informelle et sauvage prédomine. La Commune d'Alakamisy déclare produire 50 Tonnes de cristal/an .
Problèmes de l ' OPCI
1) non maîtrise des circuits commerciaux des produits de récolte par les Communes et insuffisance du contrôle des spéculateurs (les fameux caïds politico-affairistes de la Brousse qui spéculent sur les porcs, le riz , le maïs et les produits miniers)
2 ) Manque de couverture sanitaire . Il faut encore des dizaines de Centres de Santé de base
3 ) Incitations des fonctionnaires et des cadre pour habiter " chez nous " (tongava ré mipetraka aty aminay é)
4 ) Contrôle des exploitants miniers et régularisation de leur permis minier, perception difficile des ristournes(5).
5 ) Renforcement des organisations techniques et défensives paysannes (vétérinaires , para - médicale, manipulation phytosanitaires et , surtout , para-militaire à cause des brigands des grands chemins qui sévissent dans les villages isolés et durant les jours des marchés .
6 ) Création et amélioration des pôles d'échanges ( nouveau marché , téléphone ...)
7 ) Amélioration de l 'administration . Avec un budget/subvention d ' un total de 42 000 000 Ar (3 000 Euros) , les communes consacrent plus de 10% pour des services bureaucratiques hors budgets (traduction , saisie et impression de dossier, photocopies, réunion d 'urgence en ville. Voir écrivains publiques)
8 ) Les communes sont aussi le zone de passage des cyclones qui empruntent le couloir fluvial de la Mania... GAFILO et ELITA ( les cyclones de Janvier 2005) avaient fait des dégâts de 80% sur les cultures.
Commentaires
Le meilleur commentaire à faire c'est de choisir, à priori une commune - miroir . Je vais donc prendre la Commune rurale d'Anosiarivo Manapa pour la suite de notre Blog pour les raisons suivantes :
1 ) Ce sont des Migrants des années 60
2 ) C'était une des premières communes en Zone Rouge qui avait réussi à s' organiser toute seule contre les MAVO ( les mauvais ..)
3 ) Et ses montagnes sont tellement belles ....
Ouf ......merci et bonne journée .
Bekoto
1 ) Années d'activités sur la Décentralisation . FFE . Merci à l'Equipe .
2 ) J 'étais le Secrétaire général de l'OPCI car, simplement je savais le Français et je connaissais du monde .
3 ) Je suis toujours le conseiller de nos paysans.
4 ) Rhodizite : Minerai classé stratégique ....
5 ) l'Affaire d 'un italien dénommé Frederico défraya un moment mes communes : "Muni d ' un papier , cet étranger s 'implanta dans les communes avec ses ouvriers et exploita ses carrés tout en ignorant (méprisant ?) les élus et les paysans qui lui demanda poliment s'il pouvait montrer son permis d 'exploitation minière. Ce permis doit être visé par le Maire afin de prélever les ristournes pour nos communes. L'arrogance de cet exploitant se prévalant d'avoir des connaissances très haut placées terrorisa les paysans . Ceux ci m'avaient interpellé et j' étais descendu au village pour réprimander vertement cet énergumène. En fait il n'avait même pas de permis et nous avions dû saisir officiellement ses machines et ses ustensiles de cuisines dont une grosse marmite en aluminium pour 20 personnes au moins !...C ' était un bon moment pour nous et un très mauvais moment pour ce soit disant investisseur étranger. Nous en rigolons encore des années après .

mardi 28 avril 2009

LES COMMUNES RURALES ( 1 ) : Préalables

PREALABLES
l'histoire des communes n'est ni linéaire, ni simple car des idées-forces (ou idéaux) et des objectifs ambitieux animent cette Recherche Action de la Décentralisation effective. (Démocratie, Gouvernance locale...) Et pratiquement au risque d' être caricatural, l 'anecdote des écrivains publiques soulèvera toujours le problème de fond, celui du langage et de la compréhension des textes et celui du transfert des compétences et du savoir entre l'intellectuel et le paysan, entre l'État et les élus paysans (nes) de base.
Les enjeux étaient et sont multiples :
1) Rupture avec un centralisme excessif de plus de 20 ans, cette pratique quasi-élitiste " qui gouvernait de prés et administrait de loin". lire à travers les lignes, la notion de l'État/Providence caractérisé par un paternalisme équivoque et cette infantilisation de la population .
2) Transfert réel des pouvoirs (de décision, de gestion locale, de cession de patrimoine foncier par exemple...)
3) Décentralisation, outil de développement local, régional et national .
Durant les premiers pas des communes donc, l'État, les partenaires et les multiples acteurs de la décentralisation avaient initié aussi la mise en place des communes - pilotes pour travailler in situ au transfert des pouvoirs et à l 'appropriation , par les élus de base, des enjeux cités çi dessus.
Rapide étude du cas Budgétaire
Après les premières élections communales de 1995 , il avait fallu prendre en compte de la réalité suivante : plus de 70 % des élus en brousse, Maires et conseillers municipaux y compris, étaient plus ou moins analphabètes et non préparés à leur poste élective .
La cause revenait en bonne partie à la lourde spéculation des divers États majors politiques de l'époque qui n''avaient ni formé , ni éduqué ses propres partisans à la notion technico-administratif d ' un développement local. Le minimum aurait été de former, au sein des partis politiques , des partisans compétents , populaires et dynamiques. Pour compenser, à cet état de défaillance " technique " de nos politiques, d'importantes programmes de " formation de formateurs"avaient été dispensées en milieu rural et des ajustements furent , en cours de route, procédés en matière fiscale et budgétaire. Mais la conception elle même des postes budgétaires étant essentiellement conçue pour la Ville, les ré-ajustements au cas par cas avaient été nécessaires.. Une large estimation, à sa juste réalité, des ressources spécifiques et revenus disponibles chez les ruraux avait été ainsi dressée ( monographie communales des 1 000 et quelques communes ..Et ce n'est pas encore terminé jusqu'à maintenant)

Échantillon des ajustements budgétaires
" Ressources de Communes : Impôts directs "
III/5 Droits miniers Affecté à 30% du budget de la commune d 'extraction .
IV/1 Taxes sur les bicyclettes Taxe minimun : 2 00 Ar ( environ 50 centimes )
IV/9 Taxe d 'abattage d ' animaux Par tête d 'animal :
Boeuf : 2 00 Ar . veau : 140 Ar . cheval :200 Ar . Affecté à 100 % du budget de la commune

Sur les droits miniers, les communes en zone de surexploitations minières (saphir d'Ilakaka...) n'avaient ni le pouvoir, ni la force nécessaire pour interpeller les exploitants récalcitrants.
Sur les bicyclettes, les négociations furent de longue haleine comme le cas de ces centaines laitiers - cyclistes de la commune rurales d'Atalata Andraikiba qui refusèrent carrément de payer la nouvelle taxe auprès de la mairie en évoquant le fait que le Maire, un laitier et beurrier célèbre, possédait aussi avait 5 bicyclettes détaxées. Sur les abattages d 'animaux, les bouchers en brousse, qui sont souvent des bouchers ambulants, refusèrent de payer aussi leur dû et entrèrent en "clandestinité" en vendant leur propre viande assez loin du village et du contrôle Maire ..(cas des communes de la région de Bongolava et ses éleveurs de Tsiroaninmandidy ...Un bonjour à Véronique de notre Table ronde)

Ressources et Fonctionnement des communes :
A part ses propres ressources qu 'elle devait lever pour sa propre survie économique , l ' Etat avait attribué aux communes des dotations spécifiques ( 1994 )
1) dotation de fonctionnement au prorata de la population . Minimun de 6 000 000 Ar ( 429 Euros )
2) dotation pour les écoles primaires
3) dotation pour les centres de santé de base ou dispensaires
4) dotation pour l 'état civile (ou le récurrent problématique des enfants nés non déclarés et sans papier )

Donc, à part les dotations classiques de l'Etat ou les coups de mains de leur parrain politique en ville , les communes se débrouillaient et se débrouillent encore toutes seules .
En résumé , ces principes de Décentralisation restent toujours en vigueur. Les chiffres énoncés doivent être revus à la hausse car, en cours de route, il y eu la création de nouvelles communes et la réactualisation des données socio-démographiques durant le dernier recensement en 1998 .
Dernières informations sur les Communes rurales ( 2009 )
1) Une félicitation personnelle au Maire actuel d'Ambohidratrimo -Antananarivo qui avait vécu un litige foncier éprouvant contre le pouvoir central depuis 8 années successives harcèlement, emprisonnement etc...). Le Maire avait pu enfin obtenir, au nom de sa commune, des terrains que le pouvoir central avait voulu accaparer . L'appel du Maire destiné à ses propres collègues élus est de" communaliser tout de suite le patrimoine foncier des communes en vue du futur développement des communes "
2) Prises dans "la ligne de feu de la situation actuelle", les communes rurales basculent toutes , en grande partie, vers la reconnaissance du nouveau pouvoir : "Notre soucis n 'est pas du tout politique mais la continuité des actions entreprises..." Dixit l 'Association des Maires de la Haute Matsiatra (Ambositra) .
Bonne journée à tous et merci .
PS : c 'est vrai que je fais beaucoup de fautes de Français . Je l 'avais su aussi grâce à vous. Merci de votre compréhension
prochain chapitre : OPCI ( organisme publique de coopération intercommunale ou Intercommunalité )

samedi 25 avril 2009

LES COMMUNES RURALES ( 1 ) ;les écrivains publiques

LES ÉCRIVAINS PUBLIQUES ( anecdote )
l ' enseigne , en français , écrivain publique , était réalisée maladroitement à la main et comportait des fautes ( écrivain public , tranduction .." . La maison de l 'écrivain , type de " trano gasy " ( 1 ) , était aussi son bureau où il recevait soit des Paysans analphabètes , soit des élèves désirant avoir une traduction d ' une texte Français en Malgache ou le contraire. Le brave monsieur avait fait ce métier depuis les années 70 ou avant même . A Antsirabe , il se trouvait à Ambavahadimangatsiaka ( la Porte du froid ...car le vent dominant vient du Nord Est et le coin est exposé au souffle des moussons ) . Je ne sais plus si ses enfants ou ses descendants avaient perpetué ce modeste métier ....Paix à sa mémoire .
Ce traducteur avait été très sollicité ,comme bien d 'autres Malgaches Lettrés et sachant le Français parlé et lu . En Brousse , ce sont les instituteurs et les enseignants qui travaillent , comme un forçat , dans les traductions administratifs ou personnels aussi quand un paysan recevait une lettre , alors le traducteur le lisait à haute voix à l 'attention de notre illettré (e ) , ce travail est parfois informel .
Pourquoi ? Parce que les textes fondamentaux sur les Communes et bien d 'autres lois étaient et sont bien souvent conçues dès le départ en langue Française . Les Puristes - Nationalistes peuvent être fâchés de cet état des choses . c 'est leur bon Droit . Mais nous serons plus efficaces si nous pourrions , à l 'avenir , c'est à dire tout de suite , jouer le jeu du " transfert du savoir et du savoir faire " et que l 'exode des cerveaux se fasse à l 'endroit vers nos villages , que nos experts se confrontent à la réalité de la petite paysannerie et à la dureté du travail de la Terre . C'est enrichissant , croyez moi , je suis devenu un " accro " des villages et des paysans d ' ici ou d 'ailleurs .
Transfert du savoir ? " La Décentralisation effective a pour objectif de responsabliser la population afin que celle - çi s 'implique davantage dans la gestion de la cité " Traduction en Malgache : " Ny Fitsijaran - pahefana dia fanomezana andraikitra any vahoaka mba hafahany manatsara bebe kokoa ny tànana honenany "
Ayant donc , jeune militant dynamique et farouche , vers 1997 ? , animé les communes rurales dans ce sens ( 2 ) , et ayant dit sur la place publique cette belle phrase citée plus haut , les paysans , perplexes et avec un rien de roublardise dans le regard m 'avaient murmuraient , oh ! ce clin d 'œil complice : " C 'est évident tout ce que tu nous racontes ...oui , oui , ne t 'inquiète pas trop pour nous ..Merci , nous allions nous occuper de notre vie et l 'améliorer ( hatsarainay foana anie ny fiananay é ) mais c 'est toi ..toi qu 'est ce que tu veux personnellement ..Tu veux te présenter ici à la Mairie ou être Député ? " ( sic )
Deux points sont à retenir de cet anecdote relatant le choc de civilisation ? ou simplement le malentendu lettré/Illettrée ?
1 ) la transmission et le transfert du SAVOIR du Haut vers le Bas trasitent surtout vers des acteurs de l ' ombre comme les écrivains publiques ou les instituteurs de brousse ou les ONG 's de terrain ( car il ya aussi les ONG 's de bureau ) ; Et c'est encore un grand travail qui ne figure pas dans les prévisions et postes des budgets des Communes le coût de traduction ( une page en français à traduire en Malgache coûte en, moyenne 1 page/ 100 ar ( 1 Eu = 2.800 Ar ) .Les Documents reçus par les élus Ruraux dépassaient parfois les milliers de pages et la traduction en Malgache est un peu ...heu ..abstrait . La traduction est une poste Extra budgétaire , disions nous en langage administratif . Des guides et des manuels ont été élaborés sur ce sujet , des directives simplifiés à l 'usage des élus paysans , avec des dessins et des caricatures parfois mais ...mais Il y a toujours un mais
2 ) Tout discours et tout rassemblement était toujours perçu , par nos paysans , comme de la ( pré ) propagande politique ou un exercice personnel pour faire l 'intéressant ( frime intellectuel ; mamano vorona )
Des tractations avaient déjà eu lieu à haut niveau sur ce problème de langue de communication Français/Malgache...Ville/Campagne...etc
Il y a encore du boulot d 'avenir la dessus Sinon , l 'aventure du Développement est passionnante parfois..
Bon week-end-end end les amis ( es )
Bekoto
1 ) Trano Gasy ou maison traditionnelle des Hauts plateaux avec sa varangue et ses tuiles en écaille sur toit en pente et ses briques rouges latéritiques ...Dans la maison de notre écrivain publique , il est un minuscule jardin ombragé par un grand lilas de perse ( voandelaka ) et un figuier de Barbarie ( raketa be )
2 ) J ' étais dans une ONG 's qui travaillait dans le CEDE ( Comité d 'experts à la Décentralisation effective ) , organisme qui siégeait auprès du Ministère de l ' Intérieur

vendredi 24 avril 2009

LES COMMUNES RURALES ( 1 )

14 décembre 2007
Les élections communales , durant cette période , n 'avaient ni galvanisé , ni enthousiasmé la population . Plusieurs raisons avaient été avancé :
1 ) C 'était la saison des pluies et des cyclones . Les paysans , eux , sont trop occupés au travail de la terre ( labours , semis ) C ' était aussi la soudure , ce moment difficile où il n 'y a pas de récolte qui monte et durant lequel aussi , l ' État Malgache avait toujours été obligé d ' importer 200.000 tonnes à 300.000 Tonnes de riz .
2 ) Ces élections manquaient aussi de surprise au vu de la rareté , voire de l ' inexistence , des candidats opposants ou , au moins indépendants . Tout le monde semblait deviner , à l 'avance , qu 'un tel ou une telle seront élus car c'est le candidat " officiel " .
3 ) Il y avait eu trop d 'élections cette année , la députation venait de finir etc...La lassitude des urnes se faisait lourdement sentir.
Les Communales semblaient ainsi monotones , à part à Antananarivo , dans la Capitale , où l 'irruption sur la scène politique d ' un tout jeune candidat à la Mairie , Andry Rajoelina , semblait présager une fête bonne électorale prometteuse .
Mais personne pourtant , à mon sens , mais alors personne , n 'avait ni pressenti ni deviné que ce tout jeune Maire de la Capitale , juste une année après son mandat , redeviendra le premier des premiers grand acteur de ce changement chaotique pour les uns ou révolutionnaire pour les autres , de ce bouleversement socio - politique que Madagascar traverse , non sans mal , en cet instant même .
Si , d ' une façon empirique , nous pouvions dire que la Mairie de la Capitale est bien le ( seul ? ) tremplin favori pour " bondir sur le fauteuil Présidentiel " , ceci étant un raisonnement " au sommet " , le point de vue opposé , celui " de la base" , c'est de pouvoir comprendre pourquoi seulement une seule et unique commune , celle de la Capitale d 'Antananarivo , pouvait , à elle toute seule , par rapport aux milliers de communes , entrainer tout un pays et tout un peuple vers cette vertigineuse mais douloureuse aventure de la Démocratie.
Ce qui revient à regarder , de prés , la notion de la Décentralisation dite effective à Madagascar .
La Décentralisation
A priori , j 'ai choisi arbitrairement des dates - clés sur l ' histoire de la Décentralisation pour pouvoir avancer dans notre histoire . Le sujet étant hautement administratif , veuillez comprendre mon soucis de bien schématiser les Communes et ses parcours .
Dates - Clés
1975 : Le régime du Centralisme dit Démocratique
1994 1995 : La résolution de la troisième République sur la voie de la Décentralisation ( Les Préalables )
1999 : l ' Organisme publique de Coopération Intercommunale ( OPCI )
2 008 - 2009 : le Point et les perspectives .
Une des hypothèse plus que probable est d 'affirmer , tout de go , que la Décentralisation n ' avait pas avancé à pas de géant malgré les textes , les lois et les incitations des Bailleurs - partenaires de Madagascar depuis pratiquement 14 ans .
Et il y a bel et bien une différence ( une fracture ? ) entre une commune rurale et une commune urbaine(1))
Bon week end et merci
prochain Chapitre ; Les Préalables ( 1994 - 1995 )
Bekoto
ps : mes amitiées à l 'ami Pierre Maury , Blog ami , qui avait bien rigloré quand j 'avais écris , à Pâques " la bière , boisson hygiénique .." C'est la brasserie même qui dit cela cher Pierre , je te jure . A la prochaine .

1 ) Les critères pour différencier une commune urbaine d ' une communes rurales sont :
l 'existence d 'infrastructures socio -économiques et administratives ( centre de Santé , école etc...)
Le nombre de la population
En 1995 , le pays disposait de 1392 communes classifiées comme suit :
commune urbaine : hors catégorie : Antananarivo , la Capitale
communes urbaines de première catégorie : 06
communes urbaines de deuxième catégorie: 38
communes rurales de première catégorie : 58
communes rurales de deuxièmes catégories: 1289
s
ources : Années d 'activités sur la Décentralisation . Friedrich Ebert Stiftung
: Ministre de l ' Intérieur

mardi 21 avril 2009

LES COMMUNES RURALES ( 1 )

Les Communes Rurales
Après un centralisme dit Démocratique de 19 ans de 1975 à 1994 , la troisième République s ' est engagée vers la Décentralisation effective .
Et en 1995 , la mise en place des Communes , kaominina en Malgache , est devenu une réalité .
A priori , les dates - clés proposés ci - dessous , n'a aucune logique et reste arbitraire .
le seul soucis est de narrer les petites Histoires des élus paysans ( nes ) ... ces discrètes et humbles vies charriées dans et par l ' Histoire palpitante et difficile du moment de Madagascar .
Dates - Clés
1972 - 1975 : Fin des Communes et renforcement des services déconcentrés de l ' État ou les
Fokontany
1995 : ( Re ) élections Communales et la Décentralisation effective

1999 : La notion de l ' Internationalité ( OPCI ou Organisme publique de Coopération
intercommunal ) .

2008 : Quid des Communes et perspectives d avenir
La Constitution , à l ' époque , précise , en préambule , que : " La Décentralisation effective constitue l 'une des conditions essentielles de l " épanouissement de la personnalité et de l ' identité du peuple Malgache lequel est facteur de son Développement " .
Plus simplement , d' après les observateurs de la chose politique : " Décentraliser est un impératif politique ...Ne plus mettre les œufs dans le même panier et responsabiliser aussi le peuple...En cas de crise , par exemple , le Centre , comme la Capitale d ' Antananarivo , ne doit plus encaisser les effets et les turbulences socio - politiques " Théoriquement , c 'est vrai et réaliste . Cette phrase avait été dite en 1995 par un Haut responsable Malgache . ( A suivre )
veloma vetivety , au Revoir
Bekoto

vendredi 17 avril 2009

PRECISION ET ERRATUM ( Fin )

Sur le Vakinankaratra ( légende du Riz d 'Ambatonakolahy , Akoho lahy = coq )
Références :
" Le processus de Développement dans le Vakinankaratra ( Hautes Terres Malgaches ) De Josélyne RAMAMONJISOA . Soutenance de thèse : 17 Décembre 1994 Sorbonne . ( Tirage Limité)

Re bon vendredi .
bekoto

PRECISIONS ET ERRATUM

Bonjour, Salama
1 ) Madagascar était connu des Arabes déja 4 siècles après JC (et non Avant comme écrit)
2 ) Philippe Randrianarimana est notre supermodérateur (pardon Philippe de avoir écorché vif ton nom Malgache)
3 ) La Ville d'Antsirabe, à Pâques, avait reçu, entre 800.000 et 1 000 000 de visiteurs selon les estimations de la Commune Urbaine. Mais sur les avenues de l 'Indépendance, face à la Gare jusqu'à l'Hôtel des Thermes, il y a eu environ 50.000 à 8o.000 fêtards... moi y compris.
Je m'excuse et je remercie d'avance ceux ou celles qui m'ont interpellé sur des points comme ceux indiqués plus hauts.
Bon Vendredi (magnifique vendredi si possible à nous tous)
Bekoto

mercredi 15 avril 2009

BREVES PASCALES OU TREVES .

le goût d'inachevé et la sensation d'un mouvement en arrêt au milieu du gué prédominent encore à Madagascar. Incertitudes du lendemain. Encore et toujours.
Le fruit est à moitié mûr selon les optimistes de cette révolution ou à moitié pourri selon les aigris des changements (trop) rapides. C'est vrai. Il y a plus de questions angoissantes que de bonnes réponses pour que la vie se "normalise" par ici... et pourtant, et pourtant nous avions fait du week-end Pascal une fête populaire... une immense fête, une belle folie populaire.
12 Avril Place de l'indépendance. Antsirabe
La Commune urbaine de la ville, étant en situation paradoxale (les élus seront-ils aussi délogés ?) confia ainsi l'organisation des fêtes pascales à une Brasserie dont le professionnalisme en matière de fêtes plus ou moins arrosées sont plus que connus chez nous.
La ville avait reçu entre 800.000 et 1 Million de vacanciers... selon la Commune.
J'avais pu croiser, devant la gare d'Antsirabe, dans une foule dense et vivante, des familles entières de paysans endimanchés et propres comme un sous neuf. "La récolte monte maintenant, le riz surtout... Et la levée du couvre feu dans la ville nous avait permis d'entrer maintenant dans la ville des Eaux assez tard dans la nuit, sans peur ni inquiétude ( tsy mitebiteby intsony izahay)... La récolte était excellente cette année... Jade (le dernier cyclone) nous avait épargnés... Mais il faut que nous négocions encore avec la Mairie (la nouvelle ou l'ancienne Mairie... cela nous importe peu)... Car les charretiers dans la région au Sud du lac Sacré de Tritriva (communes de Bemaha, d 'Alakamisy etc...) ...Nous les charretiers nous désirons toujours avoir notre gare à charrettes pour bivouaquer tous les vendredi et Samedi ..Une gare pour 100 à 200 " engins non - motorisés " désignation administrative en parlant de charrettes à zébus... Un site où il y aura de l'eau pour nous et nos zébus ...avec des toilettes aussi car nous sommes obligés de louer et d'acheter tout ( eau potable , toilettes etc...) Le mouvement hebdomadaire des paysans-charretiers assure pour la ville d'eaux un approvisionnement de 5 à 8 tonnes de produits vivriers (pommes de terres, riz, poulets , etc....)
Les tireurs de Pousse pousse, par contre, avaient des impressions mitigées. Il y a environ 3000 paysans tireurs de pousse dans la ville. (1) Selon un ami tireur de pousse, il avoua : " je n'arrive plus à me faire une recette hebdomadaire de 30 000 Ar (11, 27 Euros) et ma femme n'en croit pas ses yeux en recevant mon gain... elle a entendu parler de la crise politique... maintenant elle a vu les conséquences... les gens n'ont plus d'argent." Un autre tireur, plus humoristique, affirma : "De mon côté ça va (mety ny ahy), il faut seulement se lever très tôt ou dormir très tard car il y a toujours des fêtards jusqu'à l heure où la sorcière rentre (rehefa mody mpamosavy iny). Soit à 3 heures du matin... Je peux me faire les 30 000 à 40 000 Ar (11,27 Euro à 15 , 03)... Ils sont souvent tellement ivres morts qu'ils se trompent dans leur monnaie et m'en donnent souvent plus qu'il n'en faut ..."
La fameuse force d'auto-régulation (2) des Malgaches a encore démontré ses valeurs propres. Il n'y a eu aucun blessé, ni rixe, ni accident grave. C'est effrayant selon les uns et ahurissant selon les autres qu'une monstrueuse foule en fête de 1 000 000 de personnes puissent se défouler dans une musique ô combien tropicale et s'adonner aux boissons (hygiénique quand même comme la bière) sans casse et sans goutte de sang.
Bonne reprise d'après fête à nous tous.
Bekoto
1 : Sur Les Pousse pousse :voir http://www.univ.reunion.fr/
2 : Force d'auto régulation : Voir Article sur les " aspects de la violence à Madagascar C/o : laterit PS 1 : Coïncidence : Au moment même où Doan Bui notre amie , passe en vidéo sur notre Blog Paysan , Daewo , à Madagascar , annonce son " départ définitif de Madagascar...car la situation socio - politique qui prévaut ne permet pas de sécuriser les investisseurs "
PS : Les Communes Rurales seront notre prochain Chapitre

vendredi 10 avril 2009

table ronde : Doan Bui

video

EPILOGUE (Table Rondes aux Voûtes. Paris)

Bonjour , Salama
Cet épilogue est nécessaire pour que je puisse me retrouver avec nous 8 (huit) et vous les fidèles autours des sujets abordés durant notre Table Ronde.
J'espère surtout que ceux (celles) qui ont écouté les vidéos, et bien écouté je l 'espère, comprennent que je ne fais ni de l'évènementiel, ni du "à propos" sur Madagascar et sur la planète. Je ne suis pas aussi d'une compétence particulière pour deviner la suite de notre actualité tourmentée, ni de spéculer trop sur l' avenir de la Terre entière. Ma "boule de cristal" Malgache a des limites.
Le tour de Table touche à sa fin. Par ordre, c 'était moi en premier, puis Véronique, notre Bretonne - " Développeuse" de Tsiroanimandidy, puis Sophie Moreau la Géographe, suivies de Jean Luc Raharimanana, l' écrivain.
Les intervenants sus-cités avaient parlé en tant que témoins de terrain et ils avaient vu "en dedans" les questions de la Terre, des paysans, du Développement etc ..
Didier Galibert, notre Géographe Ethnologue, a survolé, en plus de 15 minutes, l'Histoire des pouvoirs successifs à Madagascar avec sa lancinante question : " pourquoi les paysans ont toujours été absents des débats Nationaux ? " 47 ans après notre Indépendance, cette grande et éternelle question obsède en effet.
Et Doan Bui bouclera le tour de table en élargissant la question Malgache et situant notre île - Continent dans les enjeux de la Mondialisation ...
La conclusion de notre supermodérateur, Philippe Randriarimanana a lui tout seul, est un art du condensé.
Merci d ' avance aux amis (es) de la Table Ronde. La suite à donner sera après nos belles théories sera heu .....ben...heu... je vous tiens au courant. Promis. C'est tout.
"La Suisse possède la Montre, Madagascar a le temps et de l'avenir... Mais nos paysans n'ont pas l'éternité avec eux"
Bon Vendredi .
Bekoto

jeudi 9 avril 2009

BREVES ET CONTES SUR LES ORIGINES DU RIZ

LES ORIGINES DU RIZ (suite et fin)
BRÈVES :
Précisions : L'étude de Philippe Beaujard est plutôt centrée sur les Princes Paysans d'Ikongo, sur les Plateaux de la Région de la Haute Mahatsiatra ou l'ex Fianarantsoa. Pardon pour ma confusion. Inconsciemment, égaré par la mythologie du Riz, je me suis trompé de piste géographique (ne riez pas Sophie, notre spécialiste de la Région de Fianarantsoa). La légende du sacrifice humain Antemoro implique la géographie côtière et océanique de Mananjary...
A propos de la Civilisation Islam-Malgache du Sud-Est, une triste actualité : "Les Maires des Communes de la côte Orientale (Mananjary, Vaigaindrano...) ont lancé un appel sur les dégâts de la tempête Jade qui, hier au soir, frappa les côtes, inonda les cultures, coupa les voies de communication et fit des disparus en mer... et 3 000 sinistrés privés d'habitations"
La légende (ou la réalité) sont parfois cruelles. Si un prince Paysan sacrifiait son fils unique pour que son peuple puisse manger, la nature, elle, continuera, à jamais, sa "révolution" et sa marche impitoyable en nous envoyant ses terribles météorites et ses vents cycloniques. La vraie et fidèle "révolution" n'est-elle pas celle de la rotation de la terre, et de la course des astres ? En contant la légende du riz de la Vallée, je ne savais pas que la Région elle même (Atsimo Atsinana) était en proie à la furie d'une tempête. Une forte probable menace de disette est à redouter. Nous appréhendons maintenant une saison difficile car les récoltes sont ravagées. Que ce mot de solidarité pour les Mairies d'Atsimo Atsinana soit pris dans le bon sens : " Les États passent... mais le Fokonolona reste". Car ce sont (encore les Fokonolona là-bas, sur les côtes orientales qui travaillent à désensabler les pistes, à désengorger les canaux de cultures...
CONTE SUR LE RIZ (fin) :
Ambatonakolahy (Les Rocheuses du Coq Massifs du Vakinankaratra.
Vakinankaratra. Racine : aratra ou charpente. Massif de la Charpente des cieux. (1)
Les villageois installés aux abords des Massifs racontent toujours l'existence de ce village d'Ambatonikolahy et des mystères qui enveloppent les hauteurs du Tsiafajavona (Brumes éternelles). On affirme qu'un coq chante parfois, ou que des cris d'enfants se font souvent entendre ou que des cris et injonctions de bouviers rappelant leurs zébus égarés résonnent, en échos, dans les Farihy (vallées). Sauf que nos paysans vous désigneront du doigt la ligne des crêtes totalement désertiques de l'Ankaratra : "Misy tànana anie any é...tanin - dolo hono " (il y a un village là haut... village des Esprits..royaume des fantômes)... L'Ankaratra est le berceau des Mythes. C'était là haut que RAVORONA (l'oiseau géant) couva ses énormes œufs et ce fut à partir d'un de ces œufs qu' avait éclos la si belle IMAINTSOANALA... fille des forêts. (2) Et c'était là haut aussi que le riz des montagnes, d'origine divine, avait poussé. Les Malgaches croient fermement que c'était à Madagascar, lieu bénis des Dieux, que le Riz, le premier semis, avait poussé pour la première fois dans le monde.
Avant, dit-on, avant quand l' Homme était un géant et traversait les espaces immenses d'un seul pas (mythe des géants Darafify ou Rapeto)... et qu'il était encore possible d'avoir la tête à juste hauteur des cimes les plus élevées du monde, les Dieux Malgaches habitaient dans l'Ankaratra. Du haut de leur royaume céleste, ils nous observaient dit-on, en curieux.
La commune de BEHENJY, sur la route Nationale n° 7, de la racine Henjy (danse) faisait aussi partie du domaine des Dieux.
Les hommes s'entassaient dans les vallées et les long des rivières. Nos ancêtres, les hommes , dit-on, travaillaient la Terre et, à chaque bonne récolte, ils faisaient la fête et dansaient jusqu'à perdre haleine, à l'aube ( mihenjy hatraminy farany aina ...mandra - maraina)
Un des fils des Dieux, plus humain que les autres ? s'ennuyait et passait son temps à épier ces paysans (nes) en fête. A bout de sa curiosité, il brava l'interdit divin de ne pas fréquenter les humains et descendit rejoindre une folle fête des moissons dans la vallée (mihenihenjy toy ny adala ). Il tomba amoureux d'une paysanne qu'il convainquit de remonter avec lui dans les cieux. Aux cieux, il y avait du riz et les hommes, eux, ne mangeaient pas cette céréale. Zanahary, le créateur, réprimanda son petit dieu têtu : "tu ne peux pas t'allier avec les humains... Ils ne vivent pas comme nous... Ils ne mangent pas comme nous." Mais le Fils, déchiré par sa passion amoureuse, passa outre du conseil paternel et maternel. Il prit le risque, par amour, d'être un homme (te ho olona izy). Le Fils décida aussi de voler du paddy dans le grenier du Père car le riz n 'était pas encore arrivé sur la Terre. Le riz étant l'aliment des Dieux. Pour cacher le paddy volé, le fils emprunta à Zanahary le créateur, le coq de celui-çi et il donna les grains de riz à manger au coq... Arrivé sur la terre, il tua le coq et sortit de son jabot les grains divins : Le riz.
Les Montagnards, eux, affirmeront plus tard que les origines du riz, venaient du ciel et dans les montagnes du Vakinankaratra.
Conclusion : Ce conte, les enfants Malgaches l'entendent souvent quand un grand-père ou une grand-mère, s'amusent à faire rêver les petits enfants. Ce Conte, c'était à l 'attention du conteur de notre table ronde Jean Luc Raharimanana et sa fable politico-mondiale sur les Gambas ou crevettes.
1 ) Jocelyne Ramamonjisoa : Thèse sur la Région du Vakinankaratra. Une des thèses les plus achevées sur la Région elle même. Merci Madame. Sinon, sur les 22 régions de Madagascar, les thèses et Recherches plus globales font cruellement défaut maintenant où la Décentralisation est irréversible.
2 ) Le poète Jean Joseph Rabearivelo avait créé une pièce musicale : "IMAINTSOANALA" pendant l 'époque coloniale.
Bon Jeudi à tous.
Bekoto
PS : LES COMMUNES RURALES : Acteurs de Développement. Notre prochain Chapitre.

mardi 7 avril 2009

LES ORIGINES MYTHIQUES DU RIZ (1)
Le long de la côte orientale de Madagascar, face à l'Océan Indien, il est des villages, plus exactement des cases "en végétal", incrustés dans la profonde frondaison des forêts primaires et tellement agrippés sur les flancs des falaises que l'image des enfants apeurés accrochés au cou de leurs parents s'impose en moi... Manakara, Mananjara... le royaume des Princes Paysans Antemoro (2). L'empire des esprits et des ancêtres Islamo - Malgaches dont l'ancêtre, le premier, RAMINIA parla au nom du prophète Mahomet il y a environ... heu... Dominique Rolland, chère Ethnologue... au secours... aide moi pour les dates SVP. Merci (3). Bref, sinon, que Madagascar était déjà connue des navigateurs Arabes 4 siècles avant Jésus Christ.
Coutumes d'usage avant de Conter :
"Ce n'est pas de moi ce Conte, mais de mes ancêtres... Si invention il y a, ce sont eux "
Tsy aho Raondria no mavandy... fa Raza taloha tagny
NISY HONO (Avant dit-on)
" La Famine sévit durement dans la région. Les pêcheurs n'arrivaient plus à avoir des bonnes prises suffisantes pour le petit Royaume ; les pluies cycloniques inondaient les cultures et arrachaient par la furie de leurs eaux ruisselantes des hautes montagnes le peu de cultures... La Famine avait été baptisée "Ramamo ou ivresse... Allusion à cet état de prostration pathologique caractéristique des effets de la malnutrition aggravée sur l'organisme ?
...Ivre de pauvreté... Ivre de fatigue... ivre de désespoir. Telle était la sinistre victoire de la famine Ramamo sur la côte littorale. Il était une fois.... la Famine... kere...
C'était l'époque où l' Humanité parlait encore avec les océans et murmurait avec les esprits des forêts... Les fleuves avaient leurs maîtres et esprits des eaux et parfois le ciel lui même envoyait des signes aux hommes... Mais la famine refusait de quitter les villages... les enfants fatigués ne pleuraient plus... les hommes maudissaient les arbres qui ne donnaient plus de fruits... les femmes chantonnaient dans les soirs pluvieux des berceuses pour calmer leur bébé... les soldats furieux et impuissants face à cet ennemi invisible et impitoyable insultaient, impuissants, les cieux et plantaient rageusement leurs sagaies dans le sable, par colère.... Une idée dangereuse et criminelle germa même quand un village sut qu'ailleurs à l'Ouest, là haut dans les cimes, "Ramano la Famine n'existait pas". Fallait-il voler les voisins ? l'orgueil des Princes et des peuples parfois les poussaient à faire la guerre pour du riz, au lieu de mendier et quémander à manger.
Mais une solution magique sembla poindre, prenant la forme d'une rumeur de village, une rumeur qui arriva aux oreilles du Prince Paysan soucieux d'éviter une guerre pour pouvoir rassasier son peuple. C'était un devin qui prêchait dans les villages qu'il avait eu un rêve prémonitoire (nisy nanindry aho... un esprit m'avait écrasé durant mon sommeil). Le Prince fit venir le Devin. Celui-ci le conseilla en ses termes :
"Il vous faut sacrifier celui ou celle que vous aimez le plus au monde et cette famine sera vaincue" affirma le devin.
"Pour mon petit Royaume terrassé par Ramamo la cruelle famine... je sacrifierai moi même ma vie" s'engagea le Prince Paysan.
"Non, refusa le Devin, vous devez ensevelir vivant votre fils unique. Sa mort sera la garantie de Vie du Royaume (ny maty no hitondra ny aina sy ny velona)."
Le Prince enterra vivant son fils unique et fit élever en son nom une statue sculptée en bois de Varongo (bois imputrescible).
Quelques mois plus tard, sur le lieu où était enfoui le petit Prince, une touffe de plante inconnue poussa. Le Devin, de nouveau, exhorta le Prince Paysan à replanter les grains de cette végétation inconnue : C ' était le riz.
En souvenir du petit Prince enterré vivant pour lutter contre la disette Ramamo, à chaque récolte de riz, les paysans Malgaches doivent donner les prémisses aux rois et aux ancêtres.
Conclusion : Les origines mythiques du Riz, d'après les Antemoro, c'étaient chez eux, dans leurs belles vallées.
Mais selon une autre légende, c'est faux car le riz venait des Montagnes... (A suivre)
1) "Contes et Légendes". Édition Justice et Foi
2) "Princes et Paysans". Philippe Beaujard. Anthropologie. Excellent ouvrage sur ces micro royaumes Islamo - Malgaches.
3) "Glissement". Ouvrage de Dominique Rolland. Ethnologie. Ayant pour cadre le Royaume Antemoro

lundi 6 avril 2009

tablre ronde : Raharimanana 2eme partie

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table ronde : Raharimanana 1ere partie

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CONTES ET LEGENDES ( Introduction)

BONJOUR
Jean Luc Raharimanana avait, durant la Table Ronde, raconté la fantastique légende Antakarana sur les origines du MAKAMBA (ou Gambas ou crevettes). Le sujet, à priori, m'avait semblé loin du propos du soir d'hiver : la terre (Tany, tanindrazana...). Et pourtant, Jean Luc, avec cet Art de l'allusif et son écriture d'entre deux frontières commença par le ciel d'où tombèrent, conta-t-il, les Makamba et pour terminer, en chute élégante, dans les HONKO ou mangroves. Il avait choisi ce monde indéfini et mystérieux des Mangroves. Ce monde mystérieux, où le mariage des fleuves et des océans avait enfanté cet environnement spécifique et inquiétant avec ses monstrueux palétuviers aux racines aériennes et ce silence de fin du monde. Dans la foulée des contes et légendes, l'envie me poussa donc de remercier notre Conteur et de vous (nous) narrer aussi "les Contes et Légendes sur les Origines du Riz".
l' inspiration commença vers les années 1999 où, tôt le matin à 6h, en moto-cross, j'étais en misson dans les hauteurs des massifs d'Iavoko, au Sud de la chaîne de l'Ankaratra (1 800 mètres d'Altitude...? ? ). J'aperçus, au loin, dans un paysage brumeux et encaissé de bas fond, une personne, à genoux sur une parcelle - test de rizières. Je le rejoignis, par curiosité, par réflexe aussi car dans ces lieux désertiques et plus ou moins connus, il est toujours bon de dire son Bonjour aux rares personnes rencontrées.
C'était en fait un ingénieur Agronome, ces héros de l'ombre du Développement.
"Salama, disais je, ...pardon , qu'est ce que vous faites là, à genoux ? "
" Des Recherches, Monsieur, des Recherches sur le Riz d'altitude ... comme vous le voyez là (il me désigna des semis de quelques centimètres) le Riz peut aussi pousser en très Haute Altitude où le gel pourtant sévit ... A Madagascar, des variétés de riz d'altitude existent ... du riz qui supporte le froid..."
"Je ne comprends pas bien " bafouillais-je ..
Et lui de préciser : "Nous menons aussi des Recherches parallèles au Tibet (2000 à 3 000 mètres d'altitude), à Madagascar et dans les Hautes montagnes du monde entier pour savoir si le riz peut croître normalement. Notre test est positif, nous avons déjà les variétés locales qui s'adaptent aux hauteurs... Il se peut que dans quelques décennies, l'humanité soit obligée de quitter les vallées surexploitées et surpeuplées. Elle sera condamnée à aller dans les montagnes... d'où nos Recherches sur le riz d'altitude... La Civilisation de riz touche 1 Milliard de population..."
D'où vient le Riz ? des basses vallées des cantons Asiatiques ou des hautes montagnes du Tibet ou des Massifs de l'Ankaratra ?
CONTES ET LÉGENDES SUR LES ORIGINES MYTHIQUES DU RIZ
Le riz provient de la Terre des vallée selon un conte Antemoro, dans la Région du Sud Est de Madagascar.
A suivre.
Bonne journée et à la prochaine

vendredi 3 avril 2009

table ronde : Sophie Moreau 2

Voici enfin la suite de la table ronde.
Un morceau de l'intervention de Sophie Moreau est manquant, à cause du changement de cassette.
Voici donc le texte qui manque :
La poly-activité, ça ramène de l'argent pour acheter du riz et pour manger quoi ! L'autre solution, c'est qu'ils cherchent à étendre leurs terres de culture : et où est ce qu'ils trouvent de nouvelles terres ? Et bien ils les trouvent aux dépens de la forêt. Moi j'ai travaillé vraiment sur la lisière forestière. Donc nous y voilà à cette fameuse déforestation que je suis sûre, vous connaissez tous. La déforestation qui menace une biodiversité unique au monde, illustrée entre autres par les lémuriens, les baobabs, fait partie des images d'Epinal décrivant Madagascar.
Elle est ainsi évoquée dans de très nombreux reportages télévisés.

L'un des problèmes posés par ce discours courant sur la déforestation est d'une part qu'il la dramatise, d'autre part qu'il fait des paysans malgaches d'éternels destructeurs de forêt, par le fer ou par le feu. Or, la réalité est bien plus complexe, parfois contradictoire selon les régions de Madagascar.

La simplicité de ce discours occulte la possibilité d'un rapport positif entre la biodiversité et les sociétés paysannes. Cette relation positive serait envisageable, si on s'intéressait davantage à la diversité des paysages, y compris des paysages agraires productifs, et pas seulement à la diversité des espèces de la flore et de la faune forestières. Or, c'est cette biodiversité, qui polarise l'attention des ONG de la conservation de la nature, et de la politique environnementale malgache, et dont la survie semble contredire les impératifs de développement des paysans."

la suite en video...

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mercredi 1 avril 2009

LES COMMUNES RURALES ( Introduction )

Précision
Les questions électorales sont abordées à Madagascar en ce moment à travers les Assises régionales dans les 22 régions de l île . Des connaissances désirent que je fasses un commentaire sur le quotidien au Pays ou sur les évènements . Ce n'est pas la fonction de ce blog que d'essayer d'analyser ou d'anticiper la situation difficile et confuse de l'instant chez nous .
" Dans les situations périlleuses , il n'est pas facile de distinguer clairement entre sagesse et lâcheté " Selon Drewermann in : " Les Fonctionnaires de Dieu , Chapitre : Psychanalyse des clercs " .
Je ré- édite donc ici , un ancien article écrit le 01 Avril 2009 dans notre Blog pour les amis curieux .
Les élections à Madagascar ou latsa- Bato
Les élections, en Malgache, se traduisent par "Fifidianana" ou choix. Et Allez aux urnes par "mandatsa-bato"et "latsa-bato" ou déposer le caillou. Comment et à quelle époque de l'Histoire de Madagascar le VATO ou cailloux s'incrusta-t-il dans la mémoire historique et dans l'imaginaire populaire pour qu'une banale petite pierre puisse avoir une importante charge symbolique dans la politique ?
Bref Historique
Dans ses relations avec ses colonies, la France avait mis l'accent sur la nécessité pour celles-ci de "s'acheminer par étapes... vers la personnalité politique". Et cette nouvelle optique entraîna, à Madagascar, la rénovation du FOKONOLONA (Conférence de Brazzaville de 1944). Les paysans vécurent avec perplexité et peur d'ailleurs, la première (des premières) élections de ceux d'entre eux qui siègeront dans " la collectivité" ou le FOKONOLONA moderne...
" A Soanindrariny et à Ambohibary - Sambaina (1) le chef District, en personne, assista à l'élection des membres du Conseil de la collectivité nouvelle.... il s'agit de LATSA - BATO (déposer son caillou) en plein air : les candidats s'alignent devant les électeurs et tous les habitants adultes de la future FOKONOLONA moderne ou Collectivité doivent déposer des pierres devant les candidats de leur choix... simple simulacre d'élection où le pourcentage d'abstention est très faible... De tels procédés ne peuvent que conduire à l'élection de notables dévoués à l'administration" ( 2 )
Ayant ainsi déterminé l'origine du "caillou" dans la lexicologie de la Démocratie par la voix des urnes, si nous revenons à nos zébus, Madagascar dans cette recherche difficile de sa Démocratie fera encore du "Latsa-bato" ou des élections prochainement.
Sans humour aucun, quand j'avais raconté cette histoire à un ami Nationaliste, Patriote pur et dur, il était tellement scandalisé qu'il avait marmonné dans sa moustache : "Tes paysans auraient dû balancer son caillou dans la figure du chef de District". Je m'excuse de la violence verbale de mon Nationaliste. L'histoire a bonne mémoire dit-on souvent, et les Malgaches ont bel et bien intériorisé à travers une pierre (VATO) la violence, la frustration et l'espoir aussi de pouvoir (enfin) trouver un chemin paisible, moins chaotique vers la liberté... par les urnes.
La belle liberté reste à conquérir, cette Liberté qui reste la plus exigeante des maîtresses. La conquérir cette beauté sans se lancer toujours entre nous des cailloux dans la figure à chaque évènement.
Bonne journée à nous tous
Bekoto
1) Soanindrariny et Ambohibary - Sambaina sont des communes rurales dans la Région du Vakinankaratra. La première est célèbre par ses immenses pommeraies et la seconde par sa splendide vallée rizicole.
2) in :" une expérience de développement rural dans les années 1950:les Collectivités du Vakinankaratra. Lucille RABEARIMANANA.
Merci au couple RABEARIMANANA à qui j'avais emprunté un "caillou".